Guerre en Ukraine: les Pays-Bas, le Danemark et la Suède prêts à acheter des armes

L'Allemagne avait déjà déclaré qu'elle jouerait un rôle crucial dans le "deal" proposé par les États-Unis.

An Air Force Patriot missile system is deployed at a park in Taipei on July 11, 2025 on the fourth day of the Han Kuang military exercise. (Photo by I-Hwa Cheng / AFP)
Peu de pays possèdent déjà des systèmes tels que les Patriot, essentiels à la défense de l'Ukraine ©AFP or licensors

Le Danemark, les Pays-Bas et la Suède ont indiqué mardi être prêts à participer au plan de Donald Trump prévoyant l'achat d'armes pour l'Ukraine par l'Europe. Le Danemark est "absolument prêt" à se joindre au programme et y contribuera financièrement, a affirmé le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Lokke Rasmussen, avant une réunion de ses homologues de l'UE à Bruxelles. "Nous devons régler les détails". Son homologue néerlandais, Caspar Veldkamp, a indiqué de son côté que les Pays-Bas envisageaient de suivre la même voie. "Nous examinerons ce que nous pouvons faire par rapport aux annonces de M. Trump et partirons de là", a-t-il déclaré.

Quelques heures plus tôt, le ministre de la Défense suédois, Pal Jonson, assurait déjà que la Suède apporterait également son aide. "Nous saluons la décision américaine d'autoriser le renforcement des sanctions contre la Russie et d'ouvrir la voie à la livraison de missiles Patriot et d'autres systèmes d'armement à l'Ukraine. La Suède apportera sa contribution".

Le président américain a annoncé lundi une ligne plus dure envers Moscou concernant la guerre en Ukraine, donnant au Kremlin 50 jours pour mettre fin aux combats, sous peine de nouvelles sanctions économiques massives. En collaboration avec le chef de l'Otan, Mark Rutte, il a également dévoilé un accord prévoyant que les membres européens de l'alliance militaire achètent pour des milliards de dollars d'armements aux États-Unis – y compris des batteries antimissiles Patriot – pour les envoyer à Kiev. Mardi, la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a toutefois appelé Donald Trump à partager "le fardeau". Cette version du "deal" étant évidemment très avantageuse pour Washington, et beaucoup moins pour ses "alliés" au sein de l'Otan.

Donald Trump promet "un grand nombre d'armes" à Kiev et adresse un ultimatum à Moscou

La contrainte du temps

L'Allemagne, première économie d'Europe, avait déjà déclaré qu'elle jouerait un rôle crucial dans ce programme en se proposant d'acheter deux systèmes Patriot. Reste à savoir combien de temps il faudra aux pays européens pour expédier ces armes en Ukraine, pilonnée chaque jour par des frappes russes. Mark Rutte a précisé que les pays européens pourraient puiser dans leurs stocks, qui seront ensuite renouvelés. Cependant, peu de pays possèdent des systèmes tels que les Patriot, et ceux qui les possèdent rechignent à les donner pour des raisons de sécurité. Selon M. Rutte, outre l'Allemagne, le Danemark, la Suède et les Pays-Bas, d'autres pays de l'Otan comme le Canada, la Norvège, la Finlande et le Royaume-Uni figurent également parmi les acheteurs potentiels.

Moscou, de son côté, s'est contenté d'affirmer mardi que l'ultimatum adressé par Donald Trump, ainsi que les nouvelles livraisons d'armes promises à l'Ukraine, pousseraient Kiev à "prolonger la guerre". "Il semble que cette décision prise à Washington, dans les pays de l'Otan et directement à Bruxelles sera perçue par Kiev non comme un signal en faveur de la paix, mais comme un signal pour la poursuite de la guerre", a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. "Les déclarations du président Trump sont très sérieuses. Nous avons bien sûr besoin de temps pour analyser ce qui a été dit à Washington et si ou quand le président Poutine le jugera nécessaire, il commentera". Le président russe aura par ailleurs certainement été très heureux d'apprendre qu'aucun accord n'a pu être obtenu mardi sur un 18e "paquet" de sanctions européennes contre la Russie, à l'issue d'une réunion à Bruxelles des ministres des Affaires étrangères des Etats membres de l'UE.

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