Guerre en Ukraine : les Européens et les États-Unis pourraient prendre de nouvelles sanctions contre Moscou
La "Coalition des volontaires" s'est réunie ce jeudi à Paris pour montrer au président américain Donald Trump qu'elle est prête à fournir des garanties de sécurité à Kiev dès la fin des hostilités avec la Russie, si Washington assure ses arrières et met la pression sur Moscou.

- Publié le 04-09-2025 à 17h36
- Mis à jour le 04-09-2025 à 18h39

Si un cessez-le-feu parvient à être signé par Moscou et Kiev, 26 pays occidentaux se sont "engagés" à participer à une "force de réassurance", soit en déployant des troupes en Ukraine, soit en étant "présents sur le sol, en mer ou dans les airs", a affirmé jeudi le président français Emmanuel Macron, à l'issue d'une réunion de la "Coalition des volontaires", qu'il coprésidait avec le Premier ministre britannique Keir Starmer.
La coalition est composée des 35 principaux soutiens militaires de Kiev, parmi lesquels figure la Belgique. Étaient notamment présents à l'Élysée les Premiers ministres belge Bart De Wever, polonais Donald Tusk, espagnol Pedro Sanchez, danoise Mette Frederiksen, le président finlandais Alexander Stubb ou encore les présidents des institutions de l'Union européenne Ursula von der Leyen et Antonio Costa. Plusieurs autres dirigeants européens, dont l'Allemand Friedrich Merz à l'Italienne Georgia Meloni, intervenaient à distance.
Deux sujets étaient à l'ordre du jour : sécuriser la contribution de chacun aux garanties de sécurité futures de leur allié ukrainien et convaincre les États-Unis d'augmenter la pression sur la Russie.
Avancée concrète
Le premier point a donc officiellement été réglé avec l'annonce de cette "force de réassurance". Tout en refusant de "révéler le détail de notre organisation", le président français a bien précisé qu'elle "n'a pas pour volonté ou pour objectif de mener quelque guerre contre la Russie". Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui a fait le déplacement à Paris pour l'occasion, a salué une avancée "concrète [et] sérieuse pour la première fois depuis un long moment".
À l'heure d'écrire ces lignes, il n'a pas été indiqué quels sont les pays, parmi les 26, qui sont prêts à envoyer des soldats en Ukraine.
Sanctions européennes et américaines
La coalition s'est ensuite entretenue en visioconférence avec le président américain Donald Trump concernant le second point. Le Républicain s'était montré encourageant mercredi, en avertissant qu'il "se passerait quelque chose" si Moscou ne répondait pas à ses attentes de paix. Les Européens voulaient donc savoir quels gestes concrets les Américains sont prêts à faire pour appuyer leurs propres efforts.
Emmanuel Macron a ainsi annoncé que si Moscou continue de refuser la paix, les Européens prendront de nouvelles sanctions "en lien avec les États-Unis", qui ont "été très clairs" sur leur participation. Il a également assuré que le "soutien américain" aux "garanties de sécurité" pour Kiev serait finalisé "dans les prochains jours", et qu'il y aurait à nouveau "des contacts entre Américains et Russes".
Troupes européennes en Ukraine
La Russie a averti jeudi, avant les déclarations d'Emmanuel Macron, qu'elle refusait de discuter d'une quelconque "intervention étrangère" en Ukraine, "qu'elle qu'en soit la forme". Le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, a répliqué lors d'une conférence sur la sécurité à Prague que ce n'est pas à la Russie "de décider" si les Occidentaux peuvent envoyer, ou non, des troupes en Ukraine.
Si l'annonce se veut menaçante vis-à-vis de Moscou, le déploiement des troupes européennes en Ukraine reste pour le moment de l'ordre d'une intention, plus que d'un plan à exécuter. Jeudi matin, une source gouvernementale allemande a en effet indiqué à l'AFP que trois conditions doivent être remplies pour que Berlin offre des garanties de sécurité à l'Ukraine : la participation de Washington aux garanties de sécurité, des négociations entamées par Moscou, ainsi qu'un consensus au sein du gouvernement allemand accompagné de l'approbation du Bundestag (le parlement allemand).
Emmanuel Macron a rappelé pour sa part que les garanties de sécurité "visent d'abord à ce que, dans la négociation, il n'y ait aucune limitation de format ou de capacité pour l'armée ukrainienne. C'est ce que nous défendons, ce que nous défendrons jusqu'au bout."
