Une statue de Julian Assange bientôt exposée à Bruxelles : "C'est le Voltaire du XXIe siècle !"
Les sympathisants de Julian Assange, le fondateur de Wikileaks, s'activent en Belgique. Dans quelques jours, ils adresseront une pétition demandant au gouvernement belge de lui attribuer un titre de séjour et, le 29 janvier, ce sera un petit festival.
- Publié le 13-01-2020 à 18h12
- Mis à jour le 13-01-2020 à 23h39

Des sympathisants du fondateur de Wikileaks organisent une série d'actions en Belgique, avant son procès à Londres.
Les sympathisants de Julian Assange, le fondateur de Wikileaks, s'activent en Belgique. Dans quelques jours, ils adresseront une pétition demandant au gouvernement belge de lui attribuer un titre de séjour et, le 29 janvier, ce sera un petit festival.
Ce jour-là, un titre d'Academic Honoris Causa lui sera attribué lors d'une cérémonie au Palais des académies à Bruxelles par un réseau d'universitaires engagés, Carta Academica. En même temps, trois statues seront dressées temporairement sur la place de la Monnaie à Bruxelles, l'une de Julian Assange, l'autre d'Edward Snowden et la troisième de Chelsea Manning (née Bradley Manning).
Ces trois statues de bronze viennent de Berlin où elles ont été exposées pour la première fois en 2015. Elles sont l'œuvre de l'artiste italien Davide Dormino qui a voulu, de cette façon, honorer des lanceurs d'alerte dont les révélations ont fait la une des médias du monde entier.
Pourtant, Chelsea Manning, ex-analyste à la NSA américaine, est à nouveau en prison en Virginie pour avoir refusé de témoigner dans le dossier Wikileaks. Edward Snowden est quelque part en Russie, où il a reçu le droit d'asile. Et Julian Assange attend dans une cellule de la prison de Belmarsh au Royaume-Uni que la justice britannique se prononce sur la demande d'extradition des États-Unis.
Des avocats de haut vol à son secours
Le procès, qui s'ouvrira le 24 février devant le tribunal de Westminster et durera quatre semaines, est très attendu. Julian Assange a reçu le soutien de trois avocats britanniques de haut vol, Gareth Peirce, Ed Fitzgerald et Mark Summers.
Mais ce ne sont pas les seuls à défendre le citoyen australien. Une armada d'avocats, à titre gratuit, a volé à son secours devant plusieurs juridictions en Espagne, en Suède (où l'enquête pour viol a définitivement été classée sans suite), en Équateur et, bien sûr, aux États-Unis.
L'avocat belge Christophe Marchand est l'un de ses défenseurs, chargé de saisir la justice européenne. Il est aussi membre du comité Belgium4Assange. Il vient, le 27 décembre, de rendre visite à Assange dans la prison de haute sécurité de Belmarsh. "Ses conditions sont invraisemblables", raconte-t-il. "Il était affalé, sale, avait du mal à parler. Quand je suis sorti, c'est la première fois que j'ai pleuré après une visite de détenu."
L'état du fondateur de Wikileaks, sorti en avril 2019 de sept ans de confinement dans l'ambassade d'Équateur à Londres, a alerté en novembre le Rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, Nils Melzer. Après une visite à Belmarsh avec son équipe médicale, ce dernier a conclu qu'Assange présente "tous les symptômes typiques d'une exposition prolongée à la torture psychologique".
"Un esprit brillant", selon Me Marchand
Pour Me Marchand, défendre Assange, c'est défendre la société contre l'omnipotence des États désormais capables de collecter toutes les informations sur les citoyens. "C'est le Voltaire du XXIe siècle", nous dit-il. "Assange est un esprit brillant, en avance sur son temps et il est attaqué frontalement."
Wikileaks, en revendiquant la transparence et la recherche de la vérité, représente pour l'avocat belge "un contrepoids" à la mainmise des États et de sociétés privées sur les informations numériques. "Les États connaissent tout des citoyens. Ils collectent l'ensemble des données numériques du monde." Selon l'avocat belge, les visites des avocats au détenu ont été strictement limitées malgré l'approche du procès.
Les charges américaines
Julian Assange est poursuivi aux États-Unis pour "espionnage". Il est accusé d'avoir diffusé et parfois sollicité des informations classifiées livrées par le soldat Manning en 2010. Les documents qui ont fuité concernaient l'engagement américain en Afghanistan, en Irak, la prison de Guantanamo et près de 250 000 courriers diplomatiques du Département d'État.
Mais Wikileaks ne s'est pas cantonné aux États-Unis. Son site web a aussi publié des documents russes, syriens, saoudiens ou émanant d'entreprises privées. Très controversée fut la publication du dossier judiciaire de Marc Dutroux.