Trêve à Gaza : la libération des premiers otages détenus par le Hamas est terminée
Au premier jour de la trêve humanitaire, treize femmes et enfants constituent le premier groupe de civils enlevés le 7 octobre à revenir en Israël. Trente-neuf prisonniers palestiniens font le chemin en sens contraire.

- Publié le 24-11-2023 à 16h15
- Mis à jour le 25-11-2023 à 10h05

Avec une journée de retard sur un timing initial trop optimiste, la trêve de quatre jours conclue entre Israël et le Hamas est finalement entrée en vigueur vendredi matin, au quarante-neuvième jour de la guerre. Dans l'après-midi, le Hamas a libéré comme convenu treize otages, sur les quelque 240 personnes emmenées par ses militants le 7 octobre lors de son opération meurtrière dans le sud d'Israël.
Il s'agit du premier groupe d'un ensemble de cinquante otages que les parties ont convenu d'échanger au terme de ces quatre jours de pause. Dans ce cadre, Israël a libéré 39 détenus palestiniens, sur les cent cinquante qu'il a accepté de relâcher durant la trêve et sélectionnés parmi les milliers qui sont enfermés dans ses prisons. Chaque lot supplémentaire d'otages libérés (en échange de prisonniers dans la même proportion d'un pour trois) donnera lieu à une journée de trêve de plus, ce à quoi les négociateurs des deux camps et les médiateurs égyptiens, qatariens et américains disent œuvrer.
Par ailleurs, la Thaïlande a annoncé que douze de ses ressortissants aux mains du Hamas avaient également été relâchés. Le gouvernement thaïlandais a négocié un accord particulier avec le Hamas, sous l'égide de l'Iran, pour libérer ses 23 à 25 nationaux enlevés le 7 octobre, pour l'essentiel des travailleurs agricoles dans les kibboutz et les fermes du sud d'Israël.
Cette pause dans les hostilités a, en outre, ouvert une fenêtre d'opportunité pour l'acheminement de l'aide humanitaire vers la bande de Gaza, sous blocus strict depuis sept semaines. L'idée est de faire entrer "le plus possible" de camions de ravitaillement en quatre jours, bien que cela sera "insuffisant", comme l'a affirmé le Qatar, médiateur de l'accord.
Quelles sont les circonstances de la trêve ?
La pause humanitaire prévue pour durer quatre jours a fait taire les armes des deux camps ce 24 novembre à 7 heures du matin (6 heures de Bruxelles). Les chances que celle-ci soit prolongée – avec la libération évoquée d'un autre groupe de 50 otages – semblent d'ores et déjà réduites tant la volonté des deux camps d'en découdre est manifeste. Le Hamas a prévenu qu'il restait "le doigt sur la gâchette". Sa branche armée, en rappelant le caractère "temporaire" de la trêve, a appelé à "une escalade de la confrontation sur tous les fronts de la résistance" face à Israël. L'État hébreu a pour sa part fait savoir qu'après cette "courte pause" la guerre reprendra "à pleine puissance" afin d'exercer la pression nécessaire pour "ramener plus d'otages". Une détermination qui s'est traduite par l'appel lancé (via des tracts) par Israël aux habitants évacués de Gaza à ne pas rentrer chez eux à la faveur de la trêve. La "prise de contrôle" du chef-lieu de l'entité territoriale est une "première étape" parmi d'autres, a souligné Tsahal.
Qui sont les otages israéliens libérés ?
Les treize otages libérés, exclusivement des femmes et des enfants, font pour l'essentiel partie de mêmes familles. La Croix-Rouge et le Croissant-Rouge ont été chargés de les accueillir un à un, avant qu'ils ne soient pris en charge par l'armée israélienne et dirigés vers des hôpitaux en Israël. Jeudi, Israël a précisé avoir reçu la liste du premier groupe d'otages à libérer, et avoir dûment prévenu leurs familles et celles de ceux qui resteront aux mains du Hamas. Au terme de ces quatre jours, si tout se passe comme convenu, l'organisation islamiste aura encore quelque 190 otages en sa possession.
Qui sont les prisonniers palestiniens libérés ?
Israël a libéré 39 prisonniers palestiniens purgeant des peines de détention, dont 24 femmes et 15 adolescents. Sur les trois cents personnes à libérer endéans ces quatre jours figurent 33 femmes et 267 adolescents de moins de 19 ans. Le Hamas avait exigé que la libération des détenus se fasse prioritairement en fonction de l'ancienneté de détention. Aucune de ces personnes ne fait partie des cadres du Hamas. Ce compromis semble traduire à la fois la nécessité d'obtenir une trêve pour le Hamas et la volonté d'Israël de ne pas faillir dans le combat qu'il mène pour "anéantir" l'organisation islamiste. Pour autant, il ne s'agit encore que du premier lot d'échange
Quelle aide humanitaire est-elle acheminée ?
Dans la matinée, au moins soixante des deux cents camions d'aide humanitaire prévus chaque jour ont traversé le point de passage frontalier égyptien de Rafah, au sud du territoire du territoire palestinien. Parmi ces biens de première nécessité figurent des produits alimentaires essentiels, de l'eau, des médicaments et du matériel médical, ou encore des bombonnes de gaz domestique. Les deux premiers camions convoyant l'aide en provenance d'organisations égyptiennes sont entrés dans la bande de Gaza, une bonne heure après le début de la trêve. Des camions-citernes, dont certains aux couleurs de l'UNRWA (l'Agence de l'Onu pour les réfugiés palestiniens), livreront quotidiennement 130 000 litres de diesel (un chiffre donné par l'Égypte) destinés à ravitailler les infrastructures vitales (comme les hôpitaux) et les véhicules prioritaires. De quoi assurer un répit aux Gazaouis sinistrés et à la poursuite des opérations humanitaires sur ce territoire.
