L'Onu exige, enfin, un cessez-le-feu immédiat à Gaza et accroît la pression sur Israël
Les États-Unis se sont abstenus, permettant l'adoption d'une résolution.

- Publié le 25-03-2024 à 20h31
- Mis à jour le 25-03-2024 à 19h44

Après le fiasco de leur propre texte vendredi dernier, les États-Unis se sont abstenus lundi au Conseil de sécurité, permettant l'adoption d'une résolution exigeant un "cessez-le-feu immédiat" dans la bande de Gaza. Washington avait bloqué des projets de résolution à de multiples reprises ces derniers mois, afin de protéger son allié israélien, avant que la Chine, la Russie et l'Algérie ne s'opposent au sien le 22 mars. La résolution, adoptée sous les applaudissements par 14 voix pour et une abstention, "exige un cessez-le-feu immédiat pour le mois du ramadan", qui a commencé il y a deux semaines. Cet arrêt des hostilités doit "mener à un cessez-le-feu durable", précise le texte qui, en outre, "exige la libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages".
La résolution accroît la pression internationale sur Israël, alors que ce dernier entend poursuivre son opération armée à Rafah, dans le sud du territoire palestinien. Furieux, le gouvernement israélien a estimé que l'abstention américaine nuisait à ses "efforts de guerre" et à ses "efforts visant à libérer les otages". "Il donne l'espoir au Hamas que la pression internationale leur permettra d'obtenir un cessez-le-feu sans libération de nos otages", a encore indiqué le bureau du Premier ministre, Benjamin Netanyahou, qui a annulé l'envoi d'une délégation israélienne attendue à Washington. "Ce bain de sang a duré trop longtemps. […] Enfin, le Conseil de sécurité prend ses responsabilités", s'est félicité l'ambassadeur algérien Amar Bendjama. Ce vote "doit être un tournant […] Cela doit être le signal de la fin de cet assaut d'atrocités contre notre peuple", a renchéri la voix serrée l'ambassadeur palestinien Riyad Mansour, saluant un "jour historique".
Même si les résolutions du Conseil sont contraignantes, elles sont régulièrement ignorées par les États concernés. Le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, a déjà assuré qu'Israël ne mettrait pas fin à sa guerre "tant qu'il y a des otages à Gaza". Contrairement au texte américain, cette résolution ne lie pas ses demandes aux efforts diplomatiques du Qatar, des États-Unis et de l'Égypte, même si elle "reconnaît" l'existence de ces pourparlers visant à une trêve accompagnée d'un échange d'otages et de prisonniers palestiniens.