La cour de La Haye "s'est comportée comme un jouet politique": Benjamin Netanyahou compare les mandats d'arrêt de la CPI à un nouveau "procès Dreyfus"
La Cour pénale internationale a émis jeudi un mandat d'arrêt international à l'encontre du Premier ministre israélien.
- Publié le 21-11-2024 à 18h48
- Mis à jour le 22-11-2024 à 11h20

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a qualifié jeudi d'" antisémite" la décision de la Cour pénale internationale (CPI) d'émettre un mandat d'arrêt international contre lui et son ex-ministre de la Défense, Yoav Gallant, s'estimant victime d'un nouveau "procès Dreyfus". Cette affaire, survenue à la fin du XIXe siècle, avait divisé la société française de l'époque et révélé l'antisémitisme d'une grande partie de la population. "Israël rejette avec dégoût les actions absurdes et les accusations mensongères qui le visent", a-t-il poursuivi dans un communiqué publié par son bureau.
Le nouveau ministre des Affaires étrangères israélien Gideon Saar a pour sa part évoqué "un jour noir pour [la CPI], qui a perdu toute légitimité à exister et à agir", sur son compte X. La cour de La Haye "s'est comportée comme un jouet politique au service des éléments les plus extrêmes œuvrant à saper la sécurité et la stabilité au Moyen-Orient", a-t-il ajouté, accusant la Cour d'avoir émis "des ordonnances absurdes sans en avoir l'autorité" contre les deux Israéliens.
Les États-Unis "rejettent catégoriquement" la décision de la juridiction internationale, a réagi un porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche. "Nous restons profondément préoccupés par l'empressement du procureur à réclamer des mandats d'arrêt et par les erreurs troublantes dans le processus qui a mené à cette décision", a-t-il ajouté dans une réaction transmise à l'AFP, en répétant que selon Washington "la CPI n'était pas compétente juridiquement dans cette affaire".
Un "homme recherché"
Les procédures intentées par la Cour "ignorent le droit légitime d'Israël à se défendre face aux attaques constantes d'organisations terroristes", a quant à elle estimé la présidence argentine dans un communiqué. L'État hébreu "est confronté à une agression brutale, à des prises d'otages inhumaines et au lancement d'attaques aveugles contre sa population. Criminaliser la défense légitime d'une nation tout en omettant ces atrocités est un acte qui fausse l'esprit de la justice internationale", est-il ajouté dans le communiqué diffusé par le président argentin Javier Milei sur son compte X.
Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a affirmé que les décisions de la CPI devaient être "appliquées" par "tous les membres de l'Union européenne". Lors d'une conférence de presse à Amman avec son homologue jordanien, Aymane Safadi, il a déclaré que "ce n'est pas une décision politique. C'est une décision d'une cour, d'une cour de justice, d'une cour de justice internationale. Et la décision de la cour doit être respectée".
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou est "officiellement aujourd'hui un homme recherché", a réagi la secrétaire générale de l'ONG Amnesty international, Agnès Callamard. "Les États membres de la CPI et l'ensemble de la communauté internationale doivent tout faire pour que ces individus comparaissent devant les juges indépendants et impartiaux de la CPI", commente-t-elle dans un communiqué.
