Libération d'otages du Hamas : Israël dénonce des "scènes choquantes"
Trois Israéliens et cinq Thaïlandais ont été relâchés jeudi en échange de quelque 110 prisonniers palestiniens.
- Publié le 30-01-2025 à 19h53
- Mis à jour le 31-01-2025 à 11h38

Selon les termes du cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, près de 110 prisonniers palestiniens détenus sur le territoire israélien ont été libérés jeudi en fin d'après-midi à Ramallah, en Cisjordanie. Parmi eux, 32 avaient été condamnés à perpétuité pour des attaques meurtrières contre des Israéliens, selon une ONG palestinienne.
Initialement prévu en milieu de journée, leur élargissement a été différé de plusieurs heures, le Premier ministre Benjamin Netanyahou dénonçant les "scènes choquantes" observées lors de la libération de plusieurs otages israéliens plus tôt dans la journée à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza.
"J'exige que les médiateurs fassent en sorte que de telles scènes d'horreur ne se renouvellent pas et qu'ils garantissent la sécurité de nos otages", a insisté le dirigeant, en référence au Qatar et à l'Égypte, les médiateurs pour l'application de l'accord de trêve. Ces derniers ont d'ores et déjà promis à Israël d'assurer "une sortie sûre de Gaza" pour les futures libérations de captifs, a déclaré dans un communiqué le bureau du Premier ministre.
Cohue à Khan Younès
Orchestrée par le Hamas et par son allié du Jihad islamique palestinien, l'évacuation des Israélo-allemands Arbel Yehud, 29 ans, et Gadi Mozes, 80 ans, s'est déroulée dans le chaos. Sous un important déploiement de combattants palestiniens, Arbel apparaît en larmes et le visage tendu alors qu'elle se dirige vers le convoi du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). En arrière-plan se dressent les décombres de la maison de Yahya Sinouar, ancien chef du Hamas tué par des soldats israéliens en octobre dernier.
Autour de la jeune femme se presse une foule dense de Gazaouis difficilement contenus et brandissant des appareils photos au-dessus de la masse. Parmi eux, certains scandent des slogans en faveur de la résistance islamique ou agitent des drapeaux noir et jaune – les couleurs du Jihad islamique, qui la détenait depuis le 7-Octobre.
Sur la "Place des otages" de Tel-Aviv, où la scène a été suivie en direct, la foule est sidérée, beaucoup pleurent. La retransmission est par la suite coupée. Plus tard, l'octogénaire apparaît enfin, lui aussi escorté par des combattants dans la bousculade et des mouvements de foule, selon des images de l'AFPTV. En début de matinée, le Jihad islamique avait diffusé une vidéo de propagande montrant les deux captifs se prenant dans les bras, avec cette fois des sourires sincères.
Mise en scène à Jabalia
Plus tôt dans la journée, c'est pourtant dans une mise en scène travaillée que s'est déroulée la libération de l'Israélienne Agam Berger. À Jabalia, dans le nord de l'enclave palestinienne, un podium avait été installé en amont par le Hamas, dans un décor semblable à celui de samedi dernier. Dans une chorégraphie millimétrée, deux délégués du CICR sont aperçus en train de signer un formulaire de libération avant que n'émerge des décombres la jeune femme de 20 ans, en tenue kaki, escortée de combattants du groupe armé.
Le visage fermé, la soldate est filmée en gros plan par un combattant palestinien, caméra de professionnel à l'épaule. Alors qu'il lui intime l'ordre de saluer la foule, elle s'exécute sans entrain, portant d'une main le traditionnel sac en papier, cadeau "souvenir" remis par ses geôliers et aperçu lors de chaque libération. Tandis qu'elle monte dans un des quatre SUV de la Croix-Rouge, des hommes se précipitent pour immortaliser l'instant sur leur téléphone. Vingt minutes plus tard, l'armée israélienne publie un communiqué annonçant sa bonne prise en charge.
Hors du cadre de l'accord, cinq otages thaïlandais ont également été libérés de l'enclave palestinienne. Plus de 15 mois après leur capture par le Hamas et ses alliés, ils pourraient être de retour dans leur pays "d'ici à dix jours", a déclaré à la presse un porte-parole du ministère des Affaires étrangères thaïlandais, Nikorndej Balankura. Au total, 87 otages sont toujours retenus dans la bande de Gaza, dont 34 sont présumés morts, selon l'armée israélienne.

