"La terre de Gaza contient ma vie, mes souvenirs et tout le reste": un Palestinien répond au projet de Trump et espère pouvoir retourner chez lui
De retour au pouvoir, Donald Trump a partagé ses futurs plans pour la bande de Gaza, affitmant qu'aucun Palestinien ne voudrait y rester.

- Publié le 19-02-2025 à 18h03
- Mis à jour le 20-02-2025 à 21h00

Fraichement de retour à la tête des Etats-Unis, Donald Trump a très vite partagé ses projets pour la fin du conflit israélo-palestinien. Fort de son expérience dans l'immobilier, Trump voit dans la bande de Gaza l'endroit idéal pour construire une station balnéaire. "Les Etats-Unis vont prendre le contrôle de la bande de Gaza et nous allons faire du bon boulot avec", déclarait-il lors d'une conférence de presse aux côté de Benjamin Netanyahu, affrimant que Gaza deviendrait ainsi la "Côte d'Azur du Moyen-Orient".
Un projet fantasque mais que le Président américain a à nouveau soutenu à plusieurs reprises depuis ces déclarations chocs. Seul problème, et pas des moindres, que faire des Gazouis sur place ? Trump a assuré que dans le cadre de son plan, les Gazouis n'auraient pas le droit de rentrer chez eux (dans la Bande de Gaza), "car ils auront des logements bien meilleurs". "En d'autres termes, je parle de leur construire un endroit permanent parce que s'ils doivent revenir maintenant, il faudrait des années avant qu'ils puissent le faire. Ce n'est pas habitable. [...] nous construirons des communautés sûres, un peu à l'écart de l'endroit où ils se trouvent, là où est tout ce danger", ajoute-t-il. Selon lui, si les Palestiniens veulent rester à Gaza, c'est parce qu'"ils ne connaissent rien d'autre et n'ont jamais eu d'autre choix".
Une vision réductrice pour Ghassan Salem, qui est né et a grandi dans la bande de Gaza. "La terre de Gaza contient ma vie, mes souvenirs et tout le reste", confie-t-il au Washington Post. Ghassan Salem est acteur et professeur de théâtre. Il vivait à Jabalya dans le nord de Gaza, avant d'être contraint de fuir avec sa famille pour échapper aux bombardements d'Israël. Après la trêve, Ghassan est retourné à Jabalya pour constater les dégats. Il n'y a retrouvé que des ruines. Mais pour lui, il est hors de question d'envisager sa vie ailleurs. "J'ai hâte de retourner dans le nord. Et aussi de me recueillir sur la tombe de mon frère, qui a également été martyrisé pendant cette guerre."
Comme Ghassan, des milliers de Palestiniens sont retournés dans le nord après l'annonce de cessez-le-feu, selon le bureau de coordination de l'aide humanitaire de l'ONU. Chacun espérait retrouver une partie de son ancienne vie. Mais d'après les estimations de l'Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche, environ 66 % des bâtiments de Gaza ont été détruits et le nord a particulièrement été touché.
