Sur les écrans de la place des Otages à Tel-Aviv, se succèdent des images de familles en pleurs poussant parfois des cris déchirants
À Tel-Aviv, les premiers otages israéliens ont commencé à arriver, après avoir été pris en charge par la Croix-Rouge.
- Publié le 13-10-2025 à 08h53
- Mis à jour le 14-10-2025 à 08h37

La place des Otages, à Tel-Aviv, est pleine ce matin. Certains Israéliens y ont passé la nuit ; d'autres, comme Galia Bichovski, 23 ans, sont arrivés aux aurores. Cette petite brune est venue de Ramat Gan, en banlieue de Tel-Aviv, à 7 heures. Les chaînes israéliennes Kan et 12 diffusent les images en direct du nord de l'enclave palestinienne, où les otages viennent d'être remis aux forces armées israéliennes par la Croix-Rouge internationale. Il est un peu plus de 8 heures, la foule crie sa joie et agite des drapeaux.
"Je me sens submergée, explique Galia. Je viens chaque semaine depuis deux ans, et aujourd'hui, je viens clore cet épisode, il était évident que j'allais être ici."
Une amie de ses amis, Romi Gonen, a été prise en otage par le Hamas et libérée en janvier lors du premier accord de cessez-le-feu. Malgré le 7 octobre 2023, Galia croit toujours en la paix avec les Palestiniens et, devant l'écran, les larmes aux yeux, elle espère voir appliquer un jour une solution à deux États et vivre en paix.
Ultime décompte
Près du direct télévisé, un deuxième écran affiche le décompte des jours, heures, minutes et secondes de détention des 48 otages libérés aujourd'hui par le Hamas : 737 jours.
Tal Schlomo, 31 ans, est tout sourire. "C'est le jour où on commence à guérir !", s'exclame cette habitante d'Haïfa, ville côtière du nord d'Israël. Sur son T-shirt, le mot "Front Rose" est écrit en anglais, en hébreu et en arabe.
"Nous sommes une association qui regroupe environ 110 personnes à l'ouest et au centre d'Israël. On défend une cohabitation avec nos voisins palestiniens, même après le 7 octobre, parce que personne ne partira nulle part, quel autre choix avons-nous ?", explique cette Israélienne sous ses lunettes de soleil. Tout en parlant, elle distribue de petits drapeaux israéliens roses, dont l'étoile centrale a été remplacée par un cœur.
La délivrance
Au micro, sur scène, une femme annonce : "L'armée a récupéré sept des otages ! Ils rentrent à la maison !" Il est 9 heures. Dans la foule, les acclamations se mêlent aux larmes. Lindsey Zelmler ne retient pas les siennes.
"Je suis heureuse de voir la souffrance de ces familles s'arrêter", témoigne cette Américaine arrivée en Israël il y a dix ans. Elle s'interrompt : sur l'écran installé sur la place, deux des treize otages, David et Ariel, encore entre les mains du Hamas, appellent leur mère, Silvia Koni. À l'écoute des voix retransmises par la chaîne télévisée, beaucoup éclatent en sanglots à leur tour.
Une colère rentrée
Place des otages, une large majorité des Israéliens blâment le gouvernement d'avoir délaissé les otages détenus par le Hamas et de ne pas avoir accepté d'accord plus tôt, malgré plusieurs opportunités. "J'ai beaucoup de griefs contre ce sale gouvernement, mais je ne veux pas l'inviter dans ce moment de communion!", explique Shmoul Mizrahi, 62 ans, consultant financier.
À la télévision, on annonce le passage de l'avion de Donald Trump, au-dessus de Tel Aviv. Schmoul pousse un cri de joie : "Il est celui qui a réalisé ce qu'il se passe aujourd'hui, pas notre gouvernement ! Je ne pense pas qu'aux États-Unis il soit un bon président, mais il a aidé Israël à récupérer ses otages et je l'en remercie ". L'atterrissage de l'avion à Tel Aviv, filmé en direct, déclenche une nouvelle vague de liesse. Aligné sur le tarmac, Ivanka Trump, Benjamin Netanyahou, Mike Huckabee, attendent la sortie d'avion du président américain. Sur l'autre moitié de l'écran, plusieurs véhicules de l'armée transportent les sept premiers otages libérés vers un hôpital à proximité.
Dans l'attente d'Eitan
Sur les nombreux écrans installés un peu partout autour de la place se succèdent des images de familles en pleurs, poussant parfois des cris déchirants, jointes par leurs enfants ou frères otages en passe d'être libérés via les téléphones de membres du Hamas.
Les combattants de l'organisation islamiste apparaissent cagoulés dans l'image, présence bien moins imposante et orchestrée que lors des premières libérations d'otages en janvier 2025.
À 10h20, l'attente de la libération des 13 otages encore à Gaza est fébrile. Un groupe d'amis, tous vêtus de t-shirts rouges "Ramenez Eitan à la maison maintenant", fixent l'écran en se tenant les mains. Avec l'espoir de le voir bientôt apparaître à la télévision leur ami Eitan Horn, 39 ans, otage du Hamas depuis le 7 octobre 2023.

