Gadi Eisenkot, l'ancien chef d'état-major israélien qui veut remplacer Benjamin Netanyahu : "Je ne serai le numéro deux de personne"
L'ancien chef d'état-major israélien est devenu une figure incontournable de l'opposition.

- Publié le 10-06-2026 à 18h44

Né en 1960 à Tibériade, Gadi Eisenkot grandit dans une famille juive d'origine marocaine. À 18 ans, il s'engage dans l'armée et rejoint la brigade Golani, l'une des unités les plus célèbres mais aussi les plus controversées de l'armée israélienne. Il servira en tant que jeune officier lors de la guerre du Liban de 1982. "En tant que jeune officier, Gadi était réfléchi. Calme et modeste, il parlait à chacun d'égal à égal, ne prenait jamais de raccourcis, évaluait rapidement la situation et inspirait confiance à tous ceux qui l'entouraient", raconte le général de division (réserviste) Gabi Ofir.
Au fil des promotions, Gadi Eisenkot est nommé secrétaire militaire auprès du Premier ministre et du ministre de la Défense en 1999. Il deviendra ensuite chef d'état-major adjoint en 2012 et finalement chef d'état-major des Forces de défense israéliennes (FDI) en 2014.
En 2022, il embrasse une carrière politique et est élu député à la Knesset sous la bannière du Parti de l'unité nationale fondé par le ministre de la Défense, Benny Gantz, et le ministre de la Justice, Gideon Sa'ar.
Rupture politique
Le 12 octobre 2023, il est nommé ministre sans portefeuille et rejoint le cabinet de guerre. De premières tensions apparaissent avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, car Gadi Eisenkot plaide pour placer le sort des otages en priorité et donc pour un cessez-le-feu, quitte à passer à côté d'une occasion d'éliminer le chef politique du Hamas. En décembre, la rupture est totalement actée après que son fils de 25 ans, Gal Eisenkot, est tué lors d'affrontement à Gaza. Interrogé dans l'émission Uvda sur la chaîne de télévision israélienne Channel 12, il réaffirme que "les otages ne reviendront vivants que s'il y a un accord, lié à une pause significative dans les combats".
Il accuse le pouvoir de "répandre des illusions" en assurant qu'il existe d'autres moyens qu'un accord pour libérer les otages. Il critique également la stratégie adoptée pour gérer la guerre et met en doute les affirmations des autorités se vantant d'avoir mis un coup décisif au Hamas. "Quiconque parle d'une défaite totale [du Hamas] ment. C'est pourquoi nous ne devons pas raconter d'histoires… Aujourd'hui, la situation dans la bande de Gaza est telle que les objectifs de la guerre n'ont pas encore été atteints", soulignait-il en janvier 2024.
"Je ne serai le numéro deux de personne"
En juin 2024, il démissionne du cabinet de guerre ainsi que de son mandat à la Knesset en juillet 2025. Dans la foulée, il quitte le parti de Benny Gantz pour former son propre mouvement baptisé "Yashar" ("intègre" en français, NdlR).
Aujourd'hui, Gadi Eisenkot se situe en troisième position des derniers sondages et est la personnalité politique la plus populaire en Israël. Il a récemment réaffirmé sa volonté de devenir Premier ministre, balayant l'éventualité d'une deuxième place en cas d'alliance politique avec les opposants Naftali Bennett et Yaïr Lapid. "Je ne serai le numéro deux de personne", a-t-il déclaré.