Qui est Mohammad Bagher Ghalibaf, président de l'Assemblée consultative islamique iranienne ?
C'est peut-être lui, le responsable iranien avec qui prétend discuter le président américain Donald Trump.

- Publié le 25-03-2026 à 18h42

À 64 ans, Mohammad Bagher Ghalibaf est un vieux routier de la politique iranienne. Président de l'Assemblée consultative islamique (parlement) depuis près de six ans, cet ancien maire ultraconservateur de Téhéran est pratiquement le dernier poids lourd encore en vie de toute une génération de dirigeants de la République islamique décimée par l'actuelle guerre.
Ses menaces retentissantes ces derniers temps attestent son influence dans les cercles de pouvoir désormais contrôlés par les Gardiens de la révolution, l'armée de protection du régime dont il est issu. Ce 25 mars, il a averti les États-Unis de ne "pas tester la détermination de l'Iran à défendre son territoire", suite aux rumeurs d'envoi de davantage de troupes américaines dans la région. Le week-end dernier, il a promis – encore dans un message posté sur le réseau social américain X – de "détruire de manière irréversible" les installations vitales et les sites énergétiques et pétroliers des États du Golfe si l'Iran devait subir pareilles attaques.
Le double profil politique et militaire de Mohammad Bagher Ghalibaf en fait un maillon essentiel dans la stratégie actuelle de l'Iran contre Israël et les États-Unis. Surtout depuis l'assassinat du chef du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Larijani, dans un bombardement israélien la semaine dernière. Il se coordonnera désormais avec son remplaçant, Mohammad Bagher Zoghadr, lui aussi gardien de la révolution, nommé ce 24 mars.
Né en 1961 à Torqabeh, près de Machhad (nord-est), il entre dans le corps de Gardiens (pasdarans) dès le début de la guerre Iran-Irak (1980-1988). Il prendra ensuite la tête de plusieurs corps sécuritaires, dont la force aérospatiale des pasdarans dès 1997 et de la police (2000-2005). Deux mandats où il fera preuve d'une impitoyable intransigeance, jusqu'à soutenir des répressions sanglantes. Comme lorsqu'il fait tirer sur des étudiants en 2002 et menace, trois ans plus tôt, avec d'autres commandants pasdarans, de renverser le président réformateur Mohammad Khatami si celui-ci ne réprime pas le mouvement d'opposition. En 2009, il sera tout aussi inflexible face au Mouvement vert qui conteste la réélection frauduleuse de Mahmoud Ahmadinedjad. C'est face à lui qu'il échoue, quatre ans plus tôt, à la présidentielle, obtenant alors la mairie de la capitale, qu'il conservera douze ans durant.
