Les experts tirent la sonnette d'alarme au sujet d'une consommation d'alcool plus dangereuse que le binge drinking: "Des conséquences préoccupantes"
Consommer dix verres d'alcool en une soirée n'est plus réservé uniquement aux jeunes. Selon une enquête, boire de l'alcool de manière excessive, un phénomène appelé "high-intensity drinking", gagne désormais les autres générations. Un comportement encore méconnu, mais qui inquiète les experts.

- Publié le 07-05-2025 à 15h54
- Mis à jour le 07-05-2025 à 16h12

Repas de famille, moment entre amis ou encore soirée dansante, toutes ces occasions sont souvent propices à une consommation de boissons alcoolisées. Mais pour certains, cette habitude peut se transformer en véritable excès. Et cela ne concerne pas uniquement les étudiants.
D'après une enquête relayée dans le New York Times, la consommation dite "à haute intensité", soit le high-intensity drinking, est en hausse, notamment chez les adultes d'âge moyen. Cette pratique désigne le fait de boire huit verres ou plus d'alcool en une seule occasion pour les femmes, et dix verres ou plus pour les hommes.
Des conséquences graves
Le high-intensity drinking atteint donc des seuils plus élevés que ceux du binge drinking, généralement défini comme la consommation de quatre verres ou plus pour une femme, et cinq verres ou plus pour un homme, en l'espace d'environ deux heures. Cette définition avait été établie dans les années 1990 par Henry Wechsler, psychologue à Harvard, via une enquête sur les habitudes de consommation des étudiants américains. Mais des recherches plus récentes ont montré que les conséquences les plus graves apparaissent plutôt à des niveaux de consommation bien supérieurs, décrit le Times.
Ces niveaux bien supérieurs ont donc été définis avec la notion de high-intensity drinking. "Boire autant d'alcool entraîne une désinhibition plus marquée et des comportements risqués que la personne n'aurait pas envisagés autrement", souligne à la revue médicale américaine Verywell Health Michael Weaver, professeur de psychiatrie au University of Texas Health Science Center.
Un phénomène présent dans toutes les tranches d'âge
Traditionnellement associée à la jeunesse et à la vie étudiante, cette consommation particulièrement élevée concerne désormais une plus large population. Si les données de l'enquête indiquent une baisse du high-intensity drinking chez les jeunes de 19 à 30 ans (passant de 11 % en 2013 à 8,5 % en 2023), une autre étude, le National Alcohol Survey, observe une augmentation de cette pratique chez les hommes de plus de 30 ans et les femmes de 18 à 64 ans, d'après le quotidien américain.
Interrogée par le NY Times, Camillia Lui, chercheuse au Alcohol Research Group, note que les motivations varient selon les groupes d'âge. Chez les jeunes, l'alcool est perçu comme un vecteur de sociabilité, alors que les adultes plus âgés déclarent boire pour faire face au stress, notamment professionnel ou familial.
Les effets de la pandémie de COVID-19 ont également laissé des traces. Une étude de 2024 a montré que la consommation d'alcool avait augmenté de 4 % entre 2018 et 2020, avec une hausse de 20 % des cas de consommation excessive, particulièrement chez les 40-49 ans, selon la revue Verywell Health.
"Les conséquences à long terme sont préoccupantes", avertissent les chercheurs américains. L'alcool consommé à haute dose augmente les risques de cancer, de maladies hépatiques et cardiovasculaires, de troubles de la mémoire, de dépression et de baisse du système immunitaire, rappellent-ils.
