Faut-il tenir compte de son cycle menstruel quand on fait du sport ?
Sur les réseaux sociaux, de nombreuses jeunes femmes partagent des conseils pour continuer à faire du sport en fonction de leur cycle menstruel. Mais avoir ses règles impacte-t-il réellement les performances sportives ? Faut-il adopter d'autres sports en fonction du cycle ? On fait le point avec une spécialiste.

- Publié le 09-05-2026 à 14h08

Le cycle hormonal et le cycle menstruel, dont le syndrome prémenstruel et les règles découlent, impactent le quotidien de beaucoup de femmes.
Ces dernières années, de nombreux contenus sur ces deux cycles prennent davantage de place sur les réseaux sociaux, ce qui permet d'obtenir des conseils et d'en apprendre davantage.
Certaines créatrices de contenu conseillent à travers différentes publications quel sport privilégier en fonction de la phase dans laquelle les femmes sont dans leur cycle menstruel, soit avant, pendant ou après les règles. Mais faut-il réellement adapter sa routine sportive en fonction du cycle menstruel ?
Pour Sophie-Rachel Meyniel, cheffe de clinique en gynécologie obstétrique à l'hôpital Beaujon, à Paris, adapter sa routine sportive repose sur une question de confort.
Un impact perçu chez les athlètes de haut niveau
"Les athlètes de haut niveau ne planifient pas leurs entraînements en fonction de leurs cycles", avance-t-elle. "Beaucoup d'entre elles sont sous contraceptifs progestatifs, elles ne sont donc pas réglées. Ces femmes perçoivent un impact négatif avec la performance lorsqu'elles le sont, par rapport à leur force musculaire, à la vivacité d'esprit, l'équilibre et la qualité de sommeil, parce qu'elles font du sport de manière excessive", appuie la médecin.
"Mais en temps normal, faire du sport aide à réduire les douleurs menstruelles ainsi que leur durée. Toutefois un excès de sport peut perturber cet équilibre et annuler ces effets positifs, poursuit-elle.
Garder ses habitudes sportives
Mais qu'en est-il concrètement des personnes qui font du sport de manière régulière, sans devenir professionnelles, et qui s'entraînent deux à trois fois par semaine, pendant en moyenne 45 minutes ? Certaines activités sportives telles que l'aérobie, la marche rapide, la danse, le renforcement musculaire ou encore le yoga seraient davantage conseillées. Selon la gynécologue, il est important de garder sa routine sportive, tant que la personne en est capable. "Plusieurs études préconisent un sport deux fois par semaine, pendant, au minimum, 30 minutes. Si une patiente a l'habitude de courir et aime ce sport, elle peut continuer à le faire pendant ses règles", explique-t-elle.
"Certaines activités sportives peuvent contribuer à réduire l'intensité et la durée des douleurs menstruelles. En améliorant la circulation sanguine dans la région pelvienne, elles favorisent l'élimination des facteurs inflammatoires responsables de ces douleurs", poursuit la médecin.
La méthode Jacobson pour détendre ses muscles
Pour la spécialiste, qu'importe le sport, de manière générale, pratiquer une activité physique, dont on a l'habitude, n'est pas néfaste, tant que le corps continue à le supporter. Sophie-Rachel Meyniel précise toutefois qu'il ne faut pas s'attendre à réaliser de grandes performances. "Il ne faut surtout pas être dans l'excès, comme dans tout. Et l'important est d'écouter son corps".
Elle recommande également la méthode de Jacobson. "Cette pratique repose sur la contraction et le relâchement des groupes musculaires. Tu contractes un groupe musculaire pendant 5 secondes, puis tu relâches. Puis, tu changes de groupe musculaire. C'est surtout conseillé dans le cas de l'endométriose".
Cette relaxation progressive permet donc de diminuer la douleur et le stress.
