Anna Wintour, la femme qui a redéfini la mode, quitte la tête de Vogue USA
À 75 ans, celle qu'on surnomme la "papesse de la mode", ne sera plus la boss du "Vogue" USA.


- Publié le 27-06-2025 à 18h41

Dans Le Diable s'habille en Prada, sorti, déjà, en 2006, Meryl Streep incarnait, rappelez-vous, Miranda Priestly, l'autoritaire rédactrice en chef du magazine de mode Runway. Pas trop de doute quant à savoir qui avait inspiré le personnage de l'impériale rédac'chef. La personnalité d'Anna Wintour, tête pensante du Vogue USA, semblait assez énigmatique et fascinante pour qu'on cherche à mettre à l'écran les relations de pouvoir qui se jouaient dans les travées de la rédaction de Vogue.
Avant Anna (Hampstead, Royaume-Uni, 1949), Vogue était, selon elle, "too much ornate", comprenez "trop". Figé dans une certaine idée de la femme coquette, sportive, pomponnée, brushée. Et souriante, forcément !
Cette image du féminin ne convient plus du tout dans ces 80's qui voient la société bouger. Le capitalisme est en forme, les boomers veulent croquer la vie à pleines dents, les femmes d'intérieur deviennent des working girls en vestes épaulées. Anna Wintour veut que l'on tourne les pages de son maga sur le monde tel qu'elle le voit et le vit.
Visionnaire ou publicitaire, Vogue ? Elle-même est fille de journaliste formée par un père pas vraiment comique dans l'Angleterre des années soixante, elle applique la rigueur qu'il lui a enseignée au domaine de la mode, une matière tout ce qu'il y a de plus sérieuse quand on connaît les enjeux financiers qui lui sont associés. La Une de Vogue avec Madonna, en mai 1989, connaît un succès tel que Wintour institue le début d'une liaison fusionnelle entre l'industrie de la mode et le star-system. Des robes de couturiers sur les red carpet du Festival de Cannes ou de La Mostra de Venise ? Un magazine de mode qui s'offre une idole de la pop culture dans sa Une : cela ne vous étonne plus du tout mais, ça, c'est Anna qui l'avait compris avant tout le monde !
"Après 37 ans chez Vogue, Anna Wintour démissionne de son poste de rédactrice en chef de l'édition USA, a rapporté ce jeudi le Daily Front Row, une publication spécialisée, précisant que l'icône de la mode allait conserver ses fonctions de "chef de contenu" à l'édition internationale de Vogue, et au groupe de média Condé Nast (qui détient également Vanity Fair, GQ...). Interrogée par l'AFP, Condé Nast a précisé qu'Anna Wintour allait continuer à "superviser Vogue à l'échelle mondiale, mais qu'un nouveau poste de chef du contenu éditorial sera créé pour l'édition américaine". Pas de retraite anticipée pour la diablesse de la mode.
