Hua Hin, la "Reine de la tranquillité"

Hua Hin. Situé à 250 kilomètres au sud-est de Bangkok, ce petit village qui vivait - et vit encore - de la pêche peut s'enorgueillir d'être la plus vieille station balnéaire de Thaïlande. C'est un membre de la famille royale qui le découvre presque par hasard en 1911, au cours d'une partie de chasse. Il tombe amoureux de l'endroit, de ses plages, de la baie et y installe ses quartiers d'été. Le chemin de fer qui est achevé au même moment désenclave la bourgade.

VINCENT ROCOUR
Hua Hin, la "Reine de la tranquillité"
©V.R.

DE THAÏLANDE

Hua Hin. Situé à 250 kilomètres au sud-est de Bangkok, ce petit village qui vivait - et vit encore - de la pêche peut s'enorgueillir d'être la plus vieille station balnéaire de Thaïlande. C'est un membre de la famille royale qui le découvre presque par hasard en 1911, au cours d'une partie de chasse. Il tombe amoureux de l'endroit, de ses plages, de la baie et y installe ses quartiers d'été. Le chemin de fer qui est achevé au même moment désenclave la bourgade. Hua Hin devient alors un endroit très prisé par l'aristocratie thaïlandaise. Les touristes étrangers suivent. Délaissée un moment, la "Reine de la tranquillité" retrouve aujourd'hui ses passe-droits. Hilton, Anantara, Sofitel, Mercure. Les principales chaînes d'hôtels s'y installent les unes après les autres. Et les habitants de Bangkok en ont refait leur base de repli, leur aire de repos qu'ils investissent en masse le week-end.

LE SENS DE L'ACCUEIL

Il y a au fond mille raisons d'aller à Hin Hua ou dans l'une des stations balnéaires voisines comme Cha-Am. D'abord, on se trouve en Thaïlande, un pays aux multiples facettes qui a développé un sens de l'accueil proprement déroutant. Les Thaïlandais affichent toujours un sourire si large, si perpétuel qu'il en devient parfois suspect mais qui est pourtant le plus souvent sincère. Leur propre histoire ne leur a heureusement jamais appris à se méfier de l'étranger. L'ex-Siam n'a jamais été colonisé. Influencé sans doute, notamment par les Britanniques, mais jamais colonisé. Cela marque.

Cet accueil toujours chaleureux se fait cependant sans excès. Les Thaïlandais cultivent la pudeur et la dignité comme des valeurs premières. Sans doute est-ce là l'effet de la longue pratique du bouddhisme, la religion vernaculaire du pays. Le touriste voyagera en sécurité dans tout le pays - pour peu qu'il respecte un minimum de consignes et qu'il n'abuse pas de cette hospitalité.

A Hua Hin, il y a aussi le climat qui fait rêver. Ici, c'est l'été toute l'année. Le thermomètre ne descend que rarement en dessous de 25 degrés. Les plus difficiles à contenter éviteront toutefois les mois de septembre et d'octobre à cause des pluies assez fréquentes et les mois de mars et d'avril à cause de coups de chaleur lourds. Ils préféreront décembre et janvier, les mois les plus agréables, bien qu'au sud de Bangkok, la marque des saisons est plus ténue et que le beau temps s'affiche toute l'année.

Pourquoi Hua Hin encore? Pour sa plage évidemment. Large, désertée hors saison, elle est comme une tribune donnant sur le Golfe de Thaïlande et d'où l'on assiste au chassé-croisé maladroit entre les navires de guerre affectés à la défense du palais royal et les bateaux de pêche qui travaillent à la lumière de leur néon la nuit.

Plus bas au sud, pour peu que l'on prenne la peine de quitter le centre de la ville, la bande de sable fin s'infiltre dans un décor plus sauvage, plus verdoyant. Elle traverse à l'occasion un petit village de pêcheurs où sèche au soleil des filets humides. A une soixantaine de kilomètres plus au sud, elle débouche dans le parc national de Khao Sam Roi Yot qu'elle traverse de part en part. Les amateurs de randonnée pédestre s'y perdront. La savane y est luxuriante et habille de grandes parois rocheuses calcaires de type lunaire. La "Montagne aux 300 pics" - c'est le nom qui est donné à cet assemblage naturel curieux - offre des vues imprenables sur les îles qui lui font face.

Les plages de Hua Hin et de ses environs ont évidemment beaucoup fait pour la réputation de la région auprès des touristes. Ce ne sont pourtant pas les plus belles. On en trouvera sans doute encore de plus enchanteresses plus au sud, à Chumphon notamment. Mais l'accès y est plus difficile et l'infrastructure hôtelière, moins confortable.

UN CHARME DISTINGUÉ

Hua Hin est en quelque sorte parvenu à un point d'équilibre. Elle a gardé intactes les traces de son passé touristique - la vieille gare en bois de teck peint ou la terrasse de l'ancien Railway Hôtel par exemple. Elle a également maintenu une importante activité de pêche qui donne à la ville ses couleurs et de quoi s'alimenter. Mais elle a su dans le même temps se doter d'infrastructures dernier cri. Au bout du compte, le touriste parviendra à se dépayser sans trop de difficulté à Hua Hin, tout en trouvant le confort qu'il souhaite à portée de main. Il accédera même, si besoin, au luxe pour un prix qui reste abordable.

Hua Hin la royale - adulé en Thaïlande, le Roi Rama IX en a fait son lieu de villégiature privilégié - offre tout ce qu'il faut au voyageur qui cherche le repos et la détente. Golf, baignade, promenade à cheval ou randonnée à vélo. Sans oublier les séances de massage relaxant que proposent désormais tous les hôtels de la ville. Depuis quelques années, des événements ponctuels sont par ailleurs organisés. Un festival de jazz au printemps, un tournoi de polo à dos d'éléphant en septembre.

© La Libre Belgique 2003


Y ALLER. De nombreuses compagnies proposent la Thaïlande dans ses destinations. Le vol direct dure entre 11 et 12 heures. Mais il est en général entrecoupé d'une escale au moins. La compagnie Finnair propose un vol vers Bangkok depuis Bruxelles avec une courte escale à Helsinki. Service 4 étoiles. Nul besoin de visa pour rester moins de 30 jours en Thaïlande. Le passeport suffira pourvu qu'il soit valable au moins six mois après la date de retour. SE DÉPLACER. Le réseau routier est en assez bon état. La voiture de location peut dès lors constituer un mode de transport idéal. Mais le nombre d'accidents sur les routes thaïlandaises est très élevé. Et la conduite se fait à gauche. Pour se rendre à Hua Hin (à 250 kilomètres de Bangkok), le bus pourrait utilement faire l'affaire, voire le train qui, s'il met 4 heures pour arriver à destination, constitue sans doute la solution la plus charmante. A Hua Hin même, les trajets courts peuvent être faits en tuk-tuk (moto-taxi antédiluvien). OU LOGER. Trente ans de tourisme ont permis à la Thaïlande de se doter d'un parc hôtelier extrêmement développé. Il y a en a pour tous les goûts et toutes les bourses. Les hôtels de luxe peuvent être tentés. Pour un prix finalement abordable, il est possible d'être logé dans des établissements de grand confort où le personnel toujours prévenant est en nombre. A Hua Hin, on marquera une petite préférence pour le Anantara resort et ses bungalows aux lignes épurées. QUE FAIRE. Trekking en montagne, plongée sous-marine, massage traditionnel: le touriste a l'embarras du choix. Ceux qui aiment les raids à vélo s'adresseront à "Bike & Travel" (www.cyclingthailand.com). SE RENSEIGNER. Les guides de voyages sur la Thaïlande sont nombreux. Pointons le Guide Michelin et l'inévitable "Routard". De saines lectures. Pour tout autre conseil, l'Office du tourisme thaïlandais (TAT) n'a pas son pareil dans le sud-est asiatique. Un numéro de téléphone en Belgique: 02/504.97.03.

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