Entre gris clair et gris foncé
Le piétonnier namurois n'est pas de ceux où les bons restos font défaut. On en croise pour ainsi dire à tous les coins de ces ruelles étroites et la concentration se fait plus dense encore aux alentours de la Place Antoine Descamps. Si l'on accepte de se laisser porter quelques mètres plus loin en direction de la rue des Brasseurs, on y fera la rencontre d'un nouveau venu, ouvert en novembre dernier, et qui répond à la jolie appellation "L'ère céleste".
- Publié le 01-07-2005 à 00h00
Le piétonnier namurois n'est pas de ceux où les bons restos font défaut. On en croise pour ainsi dire à tous les coins de ces ruelles étroites et la concentration se fait plus dense encore aux alentours de la Place Antoine Descamps. Si l'on accepte de se laisser porter quelques mètres plus loin en direction de la rue des Brasseurs, on y fera la rencontre d'un nouveau venu, ouvert en novembre dernier, et qui répond à la jolie appellation "L'ère céleste". Une enseigne qui met d'emblée la barre très... haut, avec pour insigne une rose des vents et, surtout, une atmosphère dans laquelle il fait bon se baigner. Les partis pris sont ici radicaux, pour une décoration très réussie, à la fois lounge, zen, et très inspirée de la culture grecque. Difficile, en effet, de ne pas voir dans ses sublimes vases nacrés qui ornent les murs un rappel de quelques temples hélléniques, et pas seulement parce que le nom du patron lui-même trahit quelques origines grecques. D'ailleurs, Alexandre Catsoulis semble justement n'avoir pas voulu forcer le trait, et préféré instiller d'autres inspirations à son établissement. Très stylé, dans le choix du mobilier et de la décoration de table, il est ainsi habillé de nuances de gris foncé au noir, sans paraître austère.
LA JOLIE TERRASSE INSTALLÉE
dans la cour intérieure adjacente laisse d'ailleurs filtrer d'autres parfums, carrément relax là, et s'offre même des chaises colorées. La saison est évidemment propice à s'y laisser conduire et à y savourer les mets préparés par le jeune et inventif patron des lieux.
LA FORMULE "MENU"
a déjà ses convertis, qu'on opte pour "L'ère céleste" à 30 euros ou, pour le plus ambitieux menu dégustation (65 euros- 95 euros apéritif, vins et café compris). C'est l'air du temps et les saisons qui dictent les inclinations du maître des fourneaux. Et qui, pour l'heure, et passée une mise en bouche légère et sans prétention, charrie en guise d'entrée un espadon en carpaccio mariné à l'huile d'olive. L'impression de fraîcheur y domine, subtilement relevée par les arômes de citron vert. La suite n'est pas moins enchanteresse, avec ce croustillant de bar de ligne, dans lequel prend place un spaghetti de poireaux et de courgettes au curry, et, en plat, un suprême de volaille fermière farci aux girolles et aux pistaches, sur un risotto - on y a moins apprécié la sauce à la crème d'asperges, assez anodine.
LES RATIONS SONT LOIN
d'être gargantuesques; elles n'en suffisent pas moins à donner un aperçu du savoir-faire de M. Catsoulis (25 ans au compteur), qui se laisse également entrevoir dans la sélection des vins. Sa carte ne brille pas d'originalité; elle n'en a pas moins découvert deux perles: blanche, avec le domaine de Joy 2004 gascon moelleux et fruité, rouge argentin avec un Trivento très structuré. Deux notes qui parachèvent l'accord parfait réalisé par cette "Ère céleste" sans reproche. Mais qui, à force de discrétion, risque de voir passer bien d'autres établissements plus bruyants devant elle.
"L'ère céleste", rue des Brasseurs, 110 à Namur. Tél. : 081.22.22.85
© La Libre Belgique 2005
