Deux exoplanètes potentiellement habitables ont disparu, mais comment?

Pire, elles n'ont jamais existé. En effet, les scientifiques auraient mal interprété les signaux qui laissaient présager leur présence autour de leur étoile. Afin de comprendre comment les scientifiques s'y prennent pour découvrir de nouvelles planètes, LaLibre.be a interrogé Jan Cuypers, astronome à l'Observatoire Royal de Belgique.

Jessica Flament
Deux exoplanètes potentiellement habitables ont disparu, mais comment?
©NASA

Vous souvenez-vous de ces deux exoplanètes potentiellement habitables qui avaient affolé les astronomes lors de leur découverte il y a quelques années? Il apparaît aujourd'hui que Gliese 581d et Gliese 581g n'ont tout simplement jamais existé. En effet, les scientifiques ont mal interprété les signaux qui laissaient présager leur présence autour de leur étoile. Afin de comprendre comment les scientifiques s'y prennent pour découvrir de nouvelles planètes, LaLibre.be a interrogé Jan Cuypers, astronome à l'Observatoire Royal de Belgique.

Selon cet expert, "ce genre d'erreur arrive très rarement". En effet, avant d'annoncer de telles découvertes, les astronomes ont tendance à effectuer de multiples vérifications. En l'occurrence, les scientifiques se sont fait avoir malgré eux par l'activité interne de l'étoile. "Sur certaines étoiles, comme sur notre Soleil, des taches sont présentes. Ces taches engendrent des variations que ces scientifiques ont pris pour une planète proche de l'étoile, à tort".

Techniques de détection de nouvelles planètes

De manière générale, il y a plusieurs manières de démontrer l'existence d'une planète dans l'Univers. "La plus utilisée consiste à analyser la variation de luminosité de l'étoile autour de laquelle tournerait la planète. En effet, lorsqu'une planète, en tournant autour de son étoile, se met entre le télescope et cette étoile, nous constatons une ombre. Si cette ombre revient de manière périodique, tous les 6 ans par exemple, nous pouvons en conclure qu'il s'agit d'une planète dont l'orbite prend 6 ans à être parcourue entièrement".

Mais d'autres méthodes, plus anciennes, sont toujours utilisées aujourd'hui. "Nous utilisons par exemple la vitesse radiale d'une étoile pour faire de nouvelles découvertes. Une étoile se déplace en effet très faiblement, soit elle se rapproche de nous, soit elle s'éloigne. Dans certains cas, ce mouvement est dû à une planète se trouvant à proximité. Pour collecter toutes ces données, nous utilisons un spectrographe".

Enfin, dans d'autres cas très rares les clichés des étoiles peuvent livrer de précieux renseignements. "Il arrive parfois qu'on aperçoive des sortes de points sur des clichés haute définition. Nous sommes alors en droit de nous demander si ce point n'est pas une planète. Nous effectuons alors d'autres tests pour nous en assurer".

L'image d'illustration représente une vue d'artiste de Gliese 581.

D'autres lecteurs ont également lu

Les + consultés

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...