"L'Europe a besoin de données fiables pour réduire l'usage des pesticides"
Les Vingt-sept tentent de diluer le texte de la Commission.
- Publié le 03-02-2022 à 11h34
- Mis à jour le 03-02-2022 à 11h35

La réduction de 50 % de l'usage des pesticides dans l'Union européenne à l'horizon 2030 est un des éléments importants du Pacte vert (ou Green deal). La Commission européenne a présenté en février un projet de législation qui détaille les moyens de parvenir à cet objectif. Ce jeudi, la présidence française du Conseil, les représentants du Parlement européen entameront, avec l'appui de la Commission, un trilogue en vue d'aboutir à un accord sur une position commune qui pourrait être validée par les deux institutions.
À la veille de cette discussion, des ONG environnementalistes tirent la sonnette d'alarme, estimant que le Conseil a vidé de sa substance la proposition de la Commission qui doit remplacer le texte adopté en 2009. "Pour le moment, la collecte des données sur les pesticides est insuffisante", pointe Alice Bernard de l'ONG Client Earth. "Si on ne corrige pas ça, on ne disposera pas des données nécessaires pour savoir si l'Union est sur la voie pour atteindre ses objectifs." La Commission propose que les États membres lui transmettent, sur base annuelle, les données collectées par les exploitants agricoles relatives à l'usage qu'ils ont fait des pesticides.
The European Pesticide Action Network (PAN Europe) and GLOBAL 2000 ont demandé l'accès aux documents du Conseil qui révèlent que dix États membres (dont la Belgique n'est pas) ont œuvré à diluer la proposition de la Commission. La position du Conseil colle de près à leurs souhaits. Il veut Seules l'Autriche et l'Allemagne, qui faisait partie des dix avant le changement de coalition ont voté contre la position du Conseil.que les données soient collectées et transmises tous les cinq ans, plutôt qu'annuellement. Il rejette la standardisation des données et s'oppose à ce que les exploitants soient obligés de les communiquer par voie électronique.
La France n'était pas du groupe des dix, mais devra, en tant que présidente, défendre la position du Conseil. La Commission tentera de faire en sorte que sa proposition, renforcée par le Parlement, ne perde pas toute crédibilité." Le point le plus important est la récolte des données, qui doit être beaucoup plus régulière que tous les cinq ans. Si l'accord porte sur 2 ou 3 années pour la collecte de données standardisées et informatisées, ce serait déjà un très bon compromis", avance Martin Dermine, de Pan Europe.
