"On a envie de pleurer en voyant ça" : dans le Westhoek, les habitants désemparés constatent les dégâts des inondations
Les intempéries des derniers jours ont causé d'importantes crues, obligeant les autorités à évacuer certaines habitations de la région.
- Publié le 16-11-2023 à 19h01

"Je suis venu ici pour voir la situation de mes propres yeux", confie Ria Degryse, une habitante de Merkem, un village touché par les inondations dans le Westhoek. Depuis plusieurs jours, la région fait face à d'importantes intempéries. Si elle a été épargnée par les intempéries, cette dame ne cache pas sa tristesse et son inquiétude : "C'est dommage. J'ai pleuré aussi dans mon cœur, car je connais bien les gens qui habitent ici et leur maison est déjà sous l'eau. Mais c'est la nature, on ne peut pas faire beaucoup de choses de plus…"
Comme elle, de nombreux riverains se sont déplacés pour se rendre compte des dégâts, certaines parties du village ayant été plus touchées que d'autres. Plusieurs familles ont été évacuées ce jeudi matin. "J'habite au centre, notre maison est un peu plus haut qu'ici", explique Ria Degryse, qui craint que la situation ne continue à empirer, même si les prévisions météo semblent rassurantes.
"C'est incroyable. On a envie de pleurer en voyant ça. On ne peut pas imaginer, si on habite dans la zone même… Il y a le risque de tout perdre", lance quant à lui Daan Wendy, un cinquantenaire qui a toujours habité le village. "Je n'ai jamais vu ça. C'est incroyable, et ce qui va tomber encore m'inquiète", déclare l'homme, qui habite lui aussi sur les hauteurs. "Ce qui m'inquiète, ce sont les gens", ajoute-t-il, expliquant que seule une digue permet encore à la commune de ne pas finir entièrement sous l'eau.
Situation sous contrôle
Interrogé sur la situation, Carl Decaluwé, le gouverneur de Flandre occidentale, se voulait rassurant ce jeudi soir. Il a assuré que les autorités de gestion des voies navigables de Flandre renforçaient un certain nombre de digues. "Pour l'instant, la situation est sous contrôle", estimait-il, ajoutant qu'une vingtaine de nouvelles évacuations préventives avaient eu lieu à Noordschoten-Reningen.
À Diksmuide, à une dizaine de kilomètres de là, de nombreuses rues inondées demeurent fermées. Seuls les tracteurs ou certains véhicules de la protection civile et des pompiers parvenaient à se déplacer dans certaines zones. Les pompiers continuaient quant à eux leur travail. "Les pompiers font un travail fantastique. Tous les services d'urgence collaborent vraiment de manière satisfaisante dans le cadre d'accords mutuels. Nous avons consulté le Centre national de crise ce matin même", assurait le gouverneur, alors que le drainage des eaux est géré en collaboration avec les Pays-Bas. Selon lui, les ressources actuelles permettent de contrôler la situation. "Tout dépendra de la météo, mais une chose est sûre : s'il ne pleut plus au cours des 14 prochains jours, il faudra attendre 14 jours pour que toute l'eau ait disparu", conclut-il.
