Les Etats-Unis quittent le front climatique: "Pour l'Union européenne, c'est une opportunité"
L'Union européenne peut-elle lutter efficacement contre le réchauffement climatique sans l'aide des Etats-Unis ?
- Publié le 08-05-2025 à 19h12
- Mis à jour le 09-05-2025 à 13h56

Un temps, les différentes annonces faites par le président américain Donald Trump sur le plan climatique ont fait craindre le pire : et si l'Union européenne se laissait aller à la tentation du repli ? Le virage à droite pris par les Vingt-Sept lors des élections de juin dernier laissait entrevoir cette possibilité. "Mais l'Union européenne a réaffirmé son engagement sur le terrain de la transition climatique, avec la COP 30 en ligne de mire", explique Tom Delreux (UCLouvain), spécialiste de la politique climatique européenne.
Les objectifs chiffrés restent les mêmes pour la Commission Von der Leyen II : une réduction de 55% des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030, de 90% d'ici 2040 et la neutralité carbone en 2050. Mais les modalités entourant ces lignes de conduite ont été assouplies, pour ne pas freiner la compétitivité européenne face aux géants chinois et américain. "Concrètement, l'Union européenne veut donner plus de temps à l'industrie pour s'adapter, tout en allégeant la charge administrative qui pèse sur les entreprises", enchaine Tom Delreux.
Pour ce faire, la Commission a présenté au printemps un nouveau paquet de mesures, regroupé sous la "directive omnibus" et le "Pacte pour une industrie propre", ce dernier reprenant la stratégie à adopter pour décarboner l'industrie, en l'incitant notamment à investir dans l'énergie verte.
Lutte contre le réchauffement climatique : l'autonomie limitée de l'Union européenne
Sur le plan de la préservation de l'environnement, l'Union européenne bénéficie d'une marge de manœuvre limitée. Le contexte géopolitique récent a démontré sa relative dépendance à l'étranger pour l'approvisionnement en énergie fossile, que ce soit avec le gaz russe dans un premier temps, ou avec le gaz naturel liquéfié américain, dans un second temps.
En parallèle, les Vingt-Sept continuent d'investir dans l'énergie renouvelable. "Pour l'Union européenne, le retrait américain représente une opportunité de prendre de l'avance dans ce domaine, juge le climatologue Xavier Fettweis (ULiège). Il ne faut pas attendre les autres, et quand les Etats-Unis verront que cette stratégie rapporte de l'argent, peut-être changeront-ils leur fusil d'épaule". Selon Tom Delreux, les Vingt-Sept ont tout intérêt à maintenir leur effort: "Derrière la transition verte, il y a un business à aller chercher. En étant la force mouvante, l'Union peut acquérir un avantage compétitif sur les autres".
