"C'était tellement inattendu, on a pensé qu'il y avait un problème avec nos données": des scientifiques font une importante découverte au Groenland
Une équipe de scientifiques, en partie financée par l'Agence spatiale européenne (ESA), a découvert qu'un lac sous-glaciaire du Groenland s'était vidé en remontant et en fracturant la surface de la calotte glaciaire, a annoncé mercredi l'ESA en parallèle de la publication de cette recherche dans la revue Nature Geoscience. Ces nouvelles découvertes apportent un éclairage sur le potentiel destructeur de l'eau fondue stockée sous la calotte glaciaire.

- Publié le 30-07-2025 à 12h47
- Mis à jour le 30-07-2025 à 12h48

À l'aide de modèles 3D de la surface de la calotte glaciaire, ainsi que de données provenant de plusieurs satellites, les chercheurs ont découvert qu'à l'été 2014 un lac sous-glaciaire s'était soudainement vidé.
Sur une période de 10 jours, un cratère profond de 85 mètres et couvrant une superficie de deux kilomètres carrés, s'est formé à la surface de la calotte glaciaire alors que 90 millions de mètres cubes d'eau se sont soudainement déversés depuis le lac sous-glaciaire. Cela représente un débit équivalent à neuf heures d'écoulement des chutes du Niagara.
La vidange soudaine de l'eau de fonte a arraché des blocs de glace allant jusqu'à 25 mètres de haut, provoqué de profondes fractures de la calotte glaciaire et érodé la surface de la glace.
Alors que les scientifiques pensaient initialement que l'eau fondue s'écoulait uniquement depuis la surface de la calotte glaciaire vers sa base pour ensuite éventuellement se déverser dans l'océan, ces nouvelles découvertes révèlent que l'eau peut également se déplacer dans la direction opposée, c'est-à-dire de bas en haut, à travers la glace.
Cette inondation s'est produite dans une zone où les modèles indiquaient que le lit de glace était gelé. Cela a conduit les chercheurs à suggérer qu'une pression intense avait provoqué des fractures sous et à travers la calotte glaciaire, créant ainsi des canaux par lesquels l'eau a pu remonter.
"Lorsque nous avons constaté cela, c'était tellement inattendu que nous avons pensé qu'il y avait un problème avec nos données" explique Jade Bowling, qui a dirigé ces travaux dans le cadre de son doctorat à l'université de Lancaster, "Nos travaux démontrent la nécessité de mieux comprendre la fréquence à laquelle ces vidanges se produisent et, surtout, quelles en sont les conséquences pour la calotte glaciaire environnante."
