Bio-intrants : du purin d'ortie pour remplacer les pesticides au sein des cultures agricoles
Certains agriculteurs wallons compensent la réduction des pesticides par l'utilisation de bio-intrants, produits qu'ils fabriquent eux-mêmes.
- Publié le 05-08-2025 à 12h10
- Mis à jour le 05-08-2025 à 12h11

L'exploitation agricole des Boigelot fait partie du Groupement d'agriculteurs en agroécologie (GAA), une structure financée par le Plan de relance wallon portant sur la réduction de pesticides. Le GAA fait partie de l'ASBL Greenotec, fondée en 2006 pour accompagner les agriculteurs dans leur transition vers des systèmes de culture plus durables, innovants et respectueux de l'environnement. À ce jour, l'ASBL compte 300 membres sur les 12 000 agriculteurs recensés au sud du pays. David Verstraete, l'un des employés de Greenotec, se charge d'aider les Boigelot dans leur processus d'évolution. "Au sein du GAA, on réfléchit à l'utilisation de bio-intrants, comme alternative aux pesticides". Les bio-intrants sont des produits bruts d'origine biologique et fabriqués par les agriculteurs eux-mêmes (plutôt que par l'industrie chimique), comme le purin d'ortie par exemple.
D'une durée de trois ans, le projet GAA ne sera pas renouvelé par l'exécutif régional. En réaction, les agriculteurs qui s'y retrouvent ont décidé de fonder une coopérative ("La biofabrique"), pour pérenniser la mise en commun de la production de bio-intrants. Une façon de faire venue d'Amérique du Sud, qui n'existait jusque-là pas en Europe. Pour les agriculteurs, c'est autant un gain de temps que d'argent, alors que le matériel coûte cher. Clément Boigelot est ravi du soutien apporté par David Verstraete au quotidien. "Les produits chimiques utilisés par beaucoup d'agriculteurs proviennent de l'étranger. Il suffirait d'une guerre pour que des problèmes d'approvisionnement apparaissent. Donc, afin d'être le plus autonome possible, on fait ça de notre côté au sein de la coopérative".
