COP30 : une coalition menée par la France, l'Espagne et le Kenya veut taxer les premières classes et les jets privés
Un groupe de pays comprenant la France, l'Espagne et le Kenya veut profiter de la COP30 pour élargir le nombre de pays qui envisagent de taxer les premières classes des compagnies aériennes ainsi que les jets privés, a appris l'AFP de source proche des discussions.

- Publié le 07-11-2025 à 19h10

La Barbade, la France et le Kenya ont lancé en 2023 un groupe de travail pour développer des prélèvements innovants en faveur du climat et du développement. Lors de la COP30 de Belem, en Amazonie brésilienne, du 10 au 21 novembre, ces pays veulent élargir la coalition d'une dizaine de pays qui veulent s'engager à taxer plus spécifiquement le transport aérien haut de gamme.
Ces engagements devraient être clarifiés pendant la COP ou plus tard, selon l'avancée des discussions. "On veut faire grossir la coalition et notamment faire venir plus d'Etats européens", explique à l'AFP cette source proche des discussions.
Concrètement, les pays qui n'en ont pas encore s'engageraient à mettre en place une taxe sur les classes affaires et première, et les jets. Ceux qui ont déjà mis en place une taxe (comme la France) promettraient pour leur part plus d'ambition, avec un niveau plus élevé de taxation et plus de progressivité. Ce qui reviendrait à instaurer une contribution spécifique, plus haute, sur la première classe.
Pour l'aviation d'affaires, la taxation reposerait de préférence sur le kérosène, même si d'autres possibilités existent.
Nouvelle cabine Air France
"Nous avons besoin de financements innovants et justes", a déclaré jeudi le président français Emmanuel Macron, lors du sommet des dirigeants avant la COP30.
"Avec le Kenya, l'Espagne, la Somalie, le Bénin, la Sierra Leone, Antigua-et-Barbuda, nous avons largement avancé le travail à une meilleure contribution du secteur de l'aviation à l'adaptation", a-t-il dit. Ce groupe de pays comprend aussi Djibouti et le Soudan du Sud.
"Nous avançons également avec d'autres pays pour taxer les vols en classe premium et les jets privés. Il est juste que ceux qui ont le plus, et donc polluent davantage, paient en conséquence ce qui leur revient", a aussi avancé le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez vendredi.
Cette perspective pourrait être mal accueillie par les compagnies aériennes, à commencer par Air France, qui a présenté en mars sa nouvelle cabine "La Première", dont la génération actuelle date de 2014.
Destinées à être installées à bord de long-courriers Boeing 777, ces "suites" bénéficieront de cinq hublots, d'un fauteuil et d'une méridienne se transformant en lit. Elles représentent le "couronnement d'une stratégie" de la compagnie française, a affirmé le directeur général du groupe Air France-KLM, Benjamin Smith.
Maldives en exemple
Mais les défenseurs de la taxe estiment que la demande pour les voyages très haut de gamme est de toute manière peu corrélée au prix: les ultra-riches continueront d'acheter des billets, même un peu plus chers.
Le groupe de travail sur les contributions souligne dans un document que "des taxes correctement conçues pour l'aviation peuvent assurer des revenus prévisibles pour la finance en faveur du climat et du développement, tout en renforçant l'équité et la solidarité".
"Les preuves sont claires: les sièges de classe affaires et de première peuvent tripler le bilan carbone par rapport à un billet en classe économique, tandis que les jets privés émettent jusqu'à 14 fois plus" qu'un vol commercial par passager, développe-t-il.
Les promoteurs de ces taxes prennent en exemple les Maldives, pays dépendant du tourisme et du transport aérien, qui a mis en place des taxes élevées au départ (120 dollars en classe affaires, 240 en première, 480 pour un jet privé).
"Il n'y a pas de raison que d'autres pays ne puissent pas faire pareil", assure un soutien.
