Bayer délie les cordons de la bourse pour tourner la page des litiges américains liés au Roundup
Monsanto, filiale du géant allemand de l'agrochimie Bayer, a annoncé mardi aux États-Unis un accord pouvant atteindre 7,25 milliards de dollars pour régler les plaintes "en cours et futures" concernant le Roundup, son herbicide au glyphosate accusé d'être cancérigène.

- Publié le 18-02-2026 à 20h07

Ces paiements pourront être versés sur les 21 prochaines années, ce qui offrira "une plus grande certitude financière" au groupe, selon un communiqué.
L'accord collectif, qui doit encore être approuvée par le tribunal de Saint-Louis, dans le Missouri, offre à Bayer une porte de sortie face à l'avalanche de procès liés au Roundup.
En outre, Bayer a également conclu des accords dans d'autres affaires concernant l'herbicide, dont les détails n'ont pas été divulgués. Plus tôt mardi, l'agence de presse financière Bloomberg avait déjà publié un article sur ces accords, citant des sources anonymes, qui faisait état d'un montant total de 10,5 milliards de dollars, dont 7,5 milliards pour le recours collectif dans le Missourii et 3 milliards pour d'autres affaires.
Le groupe de Leverkusen va en conséquence augmenter de 4 milliards d'euros, à 11,8 milliards, son enveloppe de provisions, déjà volumineuse, pour les litiges visant ce produit. À base de glyphosate, il est accusé de favoriser le développement de lymphomes non hodgkinien (LNH), une forme de cancer.
Ces mesures sont prises "uniquement pour contenir les litiges" et les accords conclus avec les plaignants "ne comportent aucune reconnaissance de responsabilité ou de faute", précise le groupe dans un communiqué.
Depuis le rachat de Monsanto en 2018, Bayer a déjà dû débourser plus de 10 milliards de dollars en poursuites judiciaires. À l'heure actuelle, 67.000 plaintes sont encore en cours aux États-Unis.
L'an dernier, Bayer a publiquement douté de l'avenir commercial du désherbant en raison des procès, tout en espérant que la Cour suprême américaine puisse trancher en sa faveur.
En janvier, la juridiction suprême américaine a accepté d'examiner un recours du géant allemand de l'agrochimie sur la recevabilité de plaintes, avec une décision rendue d'ici fin juin.
L'accord annoncé aujourd'hui et le pourvoi devant la Cour suprême sont des étapes "indépendamment nécessaires" et "qui se renforcent mutuellement", ajoute le groupe.
Bayer maintient fermement que le glyphosate est sans danger et renvoie à l'évaluation des autorités réglementaires américaines selon laquelle cette substance ne serait pas cancérigène. Avec ces accords, l'entreprise espère mettre fin à des années d'incertitude juridique pour les investisseurs.
