L'hésitation vaccinale diminue en Wallonie: "On peut raisonnablement tabler sur une vaccination totale de 75/80%"
Une enquête de Solidaris montre que la part des indécis diminue. Celle des réfractaires également, même si elle reste élevée.

- Publié le 27-04-2021 à 15h59
- Mis à jour le 29-04-2021 à 15h32

L'hésitation vaccinale est en baisse en Wallonie, selon une enquête de la mutualité socialiste Solidaris. Fin mars, l'organisme assureur a sondé un millier de ses affiliés wallons par téléphone. La marge d'erreur des résultats est de 3 %.
Par rapport à un premier sondage effectué en janvier, la part de ceux qui affirment vouloir se faire vacciner contre le coronavirus a augmenté de 43,8 % à 50,3 %. Si on y ajoute les 9,2 % qui disent avoir déjà été vaccinés, "on a un socle de 60 % de la population qui est déjà vaccinée ou qui est désireuse de l'être", constate François Perl, directeur du pôle acteur social et citoyen de Solidaris.
L'hésitation plus forte chez les jeunes
Quant aux indécis, ils sont moins nombreux désormais : ils étaient 28 % en janvier, ils ne sont plus que 17 % fin mars. "Ce groupe d'hésitants diminue alors que la vaccination progresse, reprend M. Perl. C'est bon signe. Sans doute se rendent-ils compte de l'absence d'effets secondaires négatifs du vaccin." Car, en effet, la crainte des effets indésirables est le principal élément qui freine les indécis (39%). À noter que plus on descend dans les âges, plus l'hésitation vaccinale augmente.
"Persuader les hésitants"
Enfin, la part de ceux qui affirment qu'ils ne se feront pas vacciner est également en légère diminution, mais elle reste élevée : elle passe de 25,1 % en janvier à 22,6 % fin mars. "Ce dernier groupe, bloqué par des croyances très fortes opposées au vaccin, sera très difficile à convaincre", estime François Perl. "Mais si on arrive à persuader les hésitants, on réussira cette campagne."
"Une culture sanitaire plus développée en Flandre"
Même si la Flandre fait mieux, "la Wallonie ne sera pas dans le fond du panier européen", pense François Perl. Certes, "les Flamands sont très forts, admet-il. Pourquoi ? "Il y a en Flandre un taux d'adhésion très fort aux médecins généralistes. Ils accordent une grande importance à la prévention. Il y a chez eux une culture sanitaire plus développée, qui est liée aussi au gradient socio-économique: la précarité financière entraîne une précarité sanitaire."
À ce sujet, François Perl souligne que "Solidaris est surreprésentée dans les zones défavorisées où l'hésitation vaccinale est la plus forte". Au bout du compte, le taux de vaccination contre le coronavirus en Wallonie pourrait dès lors être plus élevé que ce que laisse croire ce sondage. "On peut raisonnablement tabler sur une vaccination totale de 75/80%, un objectif "normal" (et même assez ambitieux) pour une campagne de vaccination non obligatoire", conclut François Perl. Rappel: l'objectif des autorités, c'est 70%.