Une épidémie de bronchiolites à VRS "sans précédent" sévit en pédiatrie
Les services de plusieurs hôpitaux sont saturés. Des mesures préventives peuvent réduire le risque d'infection.

- Publié le 29-11-2022 à 19h44
- Mis à jour le 29-11-2022 à 19h33

Si, officiellement, on ne pouvait pas affirmer mardi que le seuil épidémique était franchi pour la bronchiolite à VRS (virus respiratoire syncytial), tout semblait indiquer que l'épidémie a cette fois bel et bien commencé en Belgique. Certes prudente, la Dre Nathalie Bossuyt, spécialisée en épidémiologie des maladies infectieuses à l'institut de santé publique Sciensano, nous l'a en effet laissé entendre, tout en indiquant qu'il fallait attendre d'avoir récolté toutes les données des médecins vigies pour la publication du rapport hebdomadaire qui paraît le mercredi. Et donc pour se prononcer sur l'état précis de la situation épidémiologique.
Quoi qu'il en soit, une chose est certaine : plusieurs services pédiatriques ont fait part, mardi, d'un état de saturation. Ainsi, à Bruxelles, au moins trois grands hôpitaux se trouvaient dans ce cas, en l'occurrence les cliniques universitaires Saint-Luc, le CHU Saint-Pierre et l'UZ Brussel. Si, pour la porte-parole de l'hôpital universitaire des enfants Reine Fabiola (Huderf), "c'est le cycle classique : à l'approche de l'hiver, il y a une hausse des maladies respiratoires", le chef du service de pédiatrie de Saint-Luc s'est montré, lui, nettement plus inquiet.
Le pédiatre n'a en effet pas hésité à parler d'une "épidémie de bronchiolite sans précédent", affirmant à l'agence Belga que "le nombre de cas de bronchiolites est plus élevé que les autres années". Et d'ajouter : "Ces malades sont oxygéno-dépendants, ce qui fait que les salles d'urgence sont vite dépassées. Les 135 lits pédiatriques à Saint-Luc ne désemplissent pas. Nous sommes vraiment en difficulté. Les jeunes patients de moins de 2 ans en détresse respiratoire arrivent par dizaines dans les salles d'attente et on a du mal à trouver de l'espace pour ces enfants, qui restent parfois en hospitalisation provisoire avant d'être transférés en hospitalisation à proprement parler."
Les mesures de prévention
La situation particulièrement préoccupante vécue dans de nombreux hôpitaux du pays n'est cependant pas si surprenante au regard des semaines qui viennent de s'écouler en France. Cela fait plusieurs semaines en effet qu'ils font face à une épidémie de bronchiolites à VRS sans précédent mettant à rude épreuve les services d'urgence pédiatrique.
Le plus souvent causée par le VRS (RSV en anglais) mais aussi parfois par d'autres virus respiratoires, cette infection virale aiguë des voies respiratoires inférieures "mérite toute l'attention et nécessite l'importance de pouvoir bien communiquer au grand public des messages simples de prévention pour protéger les nourrissons contre le RSV", insiste le Dr Dimitri Van der Linden, pédiatre infectiologue aux cliniques universitaires Saint-Luc. "Autant on doit protéger les personnes âgées et fragiles contre le Sars-CoV-2, autant on doit protéger les nourrissons et les personnes fragiles contre le VRS."
Protéger les nourrissons, mais aussi les plus de 65 ans, également concernés, cela passe par des mesures de prévention relativement simples et de bon sens, que le ministère français de la Santé et de la Prévention a résumé en dix points dont : limiter les visites au cercle des adultes très proches et non malades, pas de bisou ni passage de bras en bras, pas de visite de jeunes enfants aux nourrissons de moins de 3 mois ; se laver les mains avant et après contact avec le bébé (notamment au moment du change, de la tétée, du biberon ou du repas) ; porter soi-même un masque en cas de rhume, de toux ou de fièvre ; laver régulièrement jouets et doudous.
Mais aussi, si le reste de la fratrie présente des symptômes d'infection virale, les tenir à l'écart du bébé à la phase aiguë de l'infection, éviter au maximum les réunions de famille, les lieux très fréquentés et clos comme les supermarchés, les restaurants ou les transports en commun, surtout si l'enfant a moins de 3 mois, aérer quotidiennement le lieu de vie de l'enfant, en particulier la chambre où il dort. Et encore : prévoir ses premières vaccinations sans retard afin qu'il soit protégé au plus vite des infections sévères de la petite enfance et être soi-même à jour de ses vaccinations contre la coqueluche, se faire vacciner contre la grippe.