Des vrais partis bruxellois

Des réprésentants de la société civile plaident pour des listes plurilingues.

Christian Laporte
Des vrais partis bruxellois
©Alexis Haulot

Les Etats-généraux de Bruxelles, qui y ont mobilisé la société civile pendant plusieurs mois, sont déjà loin puisqu’ils se terminèrent le 25 avril 2009 au Kaaitheater devant un parterre de représentants politiques mais aussi économiques, sociaux et culturels bruxellois. Trois ans plus tard, l’on pourrait avoir l’impression que ses promoteurs-animateurs sont fatigués de devoir toujours frapper sur les mêmes clous. Il n’en est rien : si la majorité des partis politiques a oublié les conclusions des travaux de la société bruxelloise, celles et ceux qui les ont menés à bien ne déposent pas encore les armes. Et même s’ils ne sont plus dans des mouvements, ils prônent toujours de grands changements pour Bruxelles. Quatre d’entre eux et non des moindres - Inge Declercq, Alain Maskens, Maurice Seewald et Yvan Vandenbergh qui se présentent comme simples "citoyens bruxellois" - ont interpellé les nouveaux élus de la capitale dans une lettre ouverte. Après les avoir félicités pour leur engagement citoyen, ils en viennent immédiatement aux faits : "La plupart d’entre vous représente la base bruxelloise active de chacun de nos grands partis démocratiques, soit néerlandophones, soit francophones. Les valeurs fondamentales dont ces partis se revendiquent s’adressent à tous les citoyens : libéralisme, socialisme, humanisme, éco logie Mais seule une caractéristique n’est malheureusement pas une valeur universelle qui rassemble mais qui divise : c’est l’appartenance lin guistique des personnes auxquelles ils s’adressent." Pour les signataires, il s’impose de changer cette situation de l’intérieur. "Bruxelles a besoin de responsables politiques et de partis qui proposent leurs valeurs à l’ensemble des habitants de la Région, et pas qu’à ceux qui se réclament de l’une ou l’autre de ses deux langues officielles. La citoyenneté est régionale, non linguistique. Elle doit englober dans un projet commun et solidaire tous les habitants". Selon les auteurs de la lettre ouverte, "ce projet doit aussi être porté au niveau fédéral par des responsables politiques représentant tous les Bruxellois. Non par des responsables francophones qui dépendent de partis où ils sont minoritaires (environ 25 % de l’électorat), ni par des élus néerlandophones qui dépendent de partis où ils sont encore plus minoritaires (environ 2 %)". Aussi plaident-ils pour "des partis organisés sur une base régionale et fédérés au niveau national autour de leurs valeurs communes, non de partis divorcés sur base d’identités linguistiques". Dépassé ? Que nenni, "une fédération forte et solidaire ne peut fonctionner que si elle rassemble des régions qui incluent tous leurs habitants. C’est à Bruxelles que le changement peut être initié comme l’ont montré les nombreuses listes bilingues aux communales. Bref, il nous faut un seul parti socialiste, un seul parti libéral, un seul parti écologiste, un seul parti humaniste qui tous s’affichent non seulement bilingues, mais multilingues pour s’adresser à tous les Bruxellois".