Piétonnier : l'Horeca se frotte les mains
Une semaine après la mise en service du piétonnier, nous avons donc été à la rencontre des commerçants du boulevard Anspach pour voir comment ils vivent le changement.
- Publié le 06-07-2015 à 21h09
- Mis à jour le 08-07-2015 à 12h01

Il dénonce par contre des problèmes de sécurité et de propreté.
La rumeur s'était répandue comme une traînée de poudre ce week-end avant d'être démentie. La célèbre sandwicherie "Au Suisse" , en face de la Bourse, devait mettre la clé sous la porte. En cause : le piétonnier et l'impossibilité pour cette institution bruxelloise de se faire livrer. Une semaine après la mise en service du piétonnier, nous avons donc été à la rencontre des commerçants du boulevard Anspach pour voir comment ils vivent le changement.
1. Première constatation, pour l'Horeca, tout roule, y compris "Au Suisse". Est-ce un effet de la canicule ou un réel effet du piétonnier ? Difficile à dire. Quoi qu'il en soit, les affaires vont bien et les terrasses sont bondées. Certains arguent la concurrence (déloyale) des night-shops maintenant que l'on trouve sur le piétonnier de nombreuses tables de pique-niques et des bancs. Mais dans l'ensemble, les affaires sont bonnes voire très bonnes. "Je dois dire que j'étais au départ assez sceptique. Il y a encore beaucoup de problèmes à régler mais il y a moins de bruit, moins de pollution. C'est les vacances et la fréquentation est au rendez-vous" , s'étonne Guy Van Rossem, gérant des "Brasseurs". Idem pour Lieven Talpe qui gère trois établissements sur le boulevard. "On est content. Je ne sais pas si tout le mérite revient au piétonnier mais ça marche bien. On ouvre aussi le dimanche et là aussi, il y a de plus en plus de monde" , se réjouit le gérant de deux restaurants et d'un coffee-shop.
2. Du côté des autres commerces, les fortunes sont plus diverses. Pour la plupart, c'est surtout le statu quo. "Pour moi, la période est très calme. Je ne sais pas si c'est un effet de la chaleur ou des soldes mais dans l'immédiat, j'ai l'impression que l'effet n'est pas très positif" , explique Véronique, manager d'une parfumerie. Beaucoup craignent d'attirer plus de touristes mais de perdre leur clientèle bruxelloise. "La clientèle est différente. Les gens viennent de plus en plus de la périphérie" , dit-on à la librairie Brüsel. "Il y a un changement de population. On voit plus de familles. Des gens qui ne mettaient plus les pieds sur les boulevards. Par contre, ils n'achètent pas spécialement des disques" , explique Yves de Caroline Music.
3. Pour l'ensemble des commerçants interrogés, sans exception, soit une dizaine, il y a par contre de graves problèmes de propreté et de sécurité sur le piétonnier. "Il y a un afflux de clochards et de marginaux qui s'installent là toute la journée. En dehors d'un renforcement de la sécurité, c'est aussi d'un encadrement social dont ces gens ont besoin , résume Yves. En soirée, les zones autour des poubelles deviennent un dépotoir. Il faut mettre plus de poubelles et il faut, à un moment donné, être plus coercitif et mettre des amendes, car les gens déposent leurs canettes n'importe où." Même constat pour Guy : "Il y a beaucoup plus de bagarres qu'auparavant et la propreté est en dessous de tout. Le matin, vers 7h30, le boulevard est toujours dégueulasse."
4. Les livraisons, pour certains, sont également devenues problématiques mais dans l'ensemble, ils s'adaptent. "C'était déjà le bordel avant" , résume-t-on, philosophe, chez Brüsel. Les restaurants touristiques, habitués aux cars, quant à eux, dégustent. Idem pour un magasin d'ameublement dont les clients sont désormais obligés de se faire livrer.
5. Enfin, certains commerçants ont également souligné que leur environnement de travail s'était amélioré. "Il y a moins de pollution et moins de bruit. Par moments, c'était vraiment pénible de servir en terrasse" , conclut un cafetier.
