Un proche de feu Philippe Moureaux sera le président du Logement molenbeekois

- Publié le 10-02-2019 à 17h48
- Mis à jour le 10-02-2019 à 21h23

L'ex-échevin PS Mohamed Daif a accepté le poste de président alors que la SISP (Société immobilière de service public) est en pleine tourmente.
Pour une surprise, c'est une surprise. Le futur président du Logement molenbeekois sera Mohamed Daif, qui fut échevin des Travaux publics du temps de l'ex-bourgmestre PS, feu Philippe Moureaux. C'est une surprise car celui qui faisait partie de la garde rapprochée de l'ancien homme fort de la commune bruxelloise n'est aujourd'hui plus échevin et semblait avoir été mis de côté par l'actuelle bourgmestre Catherine Moureaux (PS). Il nous revient toutefois qu'il a hésité avant d'accepter ce poste difficile. "Mohamed Daif a présenté sa candidature comme président, au même titre que quatre autres membres de notre section. Il a été choisi vu son expérience et ses grandes qualités. La section l'a largement soutenu. Il semble extrêmement motivé", nous a expliqué Mme Moureaux. Qui précise que plusieurs étapes doivent encore être franchies avant que cette nomination soit effective.
Le mandat de président avait de quoi refroidir les candidats depuis la sortie de l'audit accablant sur la SISP (Société immobilière de service public) révélé par La Libre. Un audit qui avait mis en exergue des manquements dans la gestion (non-calcul des charges notamment) mais aussi dans les procédures pour les marchés publics ou encore dans la gestion des ressources humaines.
Deadline de 15 jours A la suite de cet audit, la ministre bruxelloise du Logement, Céline Fremault (CDH) a demandé à la SRLB, la société de tutelle des SISP, de prendre une série de mesures. Le 24 janvier dernier, la SRLB (Société du Logement de la Région de Bruxelles-Capitale) a ainsi donné 15 jours à la direction du Logement molenbeekois pour remettre de l'ordre. Faute de quoi, elle se substituerait à elle ou nommerait un commissaire spécial. Elle a aussi invité la commune à renouveler avant juin le conseil d'administration (CA), actuellement présidé par Michel Eylenbosch (MR).
Le deadline des 15 jours tombe ce mardi et le CA de la SRLB est prévu jeudi. Impossible donc de savoir à ce stade si des têtes vont tomber (dont celle du directeur Alain Bultot étiqueté PS et aussi ancien proche de Philippe Moureaux). Mais, lors de leur audition la semaine dernière au Parlement bruxellois, les experts d'Ernst&Young ont fait comprendre qu'il serait quasi impossible de remettre de l'ordre dans la société en si peu de temps.
"Personnel escroqué" Les membres du personnel se montrent, quant à eux, prêts à se battre pour que l'audit ne reste pas sans suite. "L'audit nous a délivrés de notre peur. Maintenant, ils ne peuvent plus nous baratiner. Pour nous, c'est un soulagement", nous dit Sophie (prénom d'emprunt). "Suite à l'audit, on se rend compte que la société a escroqué le personnel de 1 à 1,5 million. L'audit révèle que certains ouvriers ont été payés, pendant des années, 13 % au-dessous du barème ; 19 ouvriers sont concernés", renchérit Omar (prénom d'emprunt). Qui regrette néanmoins que l'audit ne couvre pas l'année 2018.