Un clitoris de 5 mètres de haut, place de la Monnaie, pour lutter contre l'excision

L'action se tient deux jours avant la Journée Internationale de tolérance zéro à l'égard des mutilations génitales féminines. L'installation est en place jusqu'à 14 h, ce vendredi.

Sylvain Anciaux

"Ce n'est pas un dinosaure, ce n'est pas une girafe, c'est un clitoris !" s'amuse l'échevine de la culture Delphine Houba (PS). Ce dimanche 6 février, c'est la Journée Internationale de tolérance zéro à l'égard des mutilations génitales féminines.

Pour l'occasion, le Groupe pour l'Abolition des Mutilations Sexuelles (GAMS), supporté par les cabinets communaux de la culture et de l'égalité des chances, a déployé un clitoris de cinq mètres de haut sur la place de la Monnaie. "L'objectif est de rendre justice au clitoris" explique Fabienne Richard, directrice du Gams, "on veut lui faire honneur". "En Belgique, il y a 25 000 femmes concernées par l'excision. 17 000 femmes excisées et 8 000 petites filles à risque."

Si l'excision est un véritable fléau, Fabienne Richard rappelle que la vie sexuelle (même avec du plaisir) n'est pas condamnée après une excision. Le Gams offre une prise en charge sexologique et psychologique gratuite aux victimes d'excision. "On peut retrouver du plaisir, que ça soit par de la chirurgie ou autrement, mais on peut le faire, et c'est important." 750 femmes ont été suivies par le Gams en 2021, "la période la plus à risque, c'est pendant les congés scolaires. Il y a un risque pour certaines petites filles qui retournent dans leur pays d'origine pendant l'été, car en général, l'excision se fait là-bas".

En Belgique, deux centres sont agréés pour les femmes victimes de mutilations sexuelles, le centre Cemavie, au CHU Saint-Pierre, et l'UZ Gent. Pour rappel, on estime à 200 millions le nombre de femmes excisées dans le monde, et entre 6 000 et 8 000 sont concernées par ce fléau chaque jour.