160 000€ en un an pour nettoyer des graffitis: "C'est un lieu emblématique, une carte postale de la Belgique. C'est inacceptable de laisser ça ici"
Un an après le lancement de grande opération anti-tag au Mont des Arts, les résultats semblent être au rendez-vous mais la Régie des bâtiments ne relâche pas ses efforts et relance une mission de 4 ans.

- Publié le 14-05-2024 à 09h14

C'est l'heure du bilan. Il y a un an quasi jour pour jour, le secrétaire d'État en charge de la Régie fédérale des bâtiments Mathieu Michel (MR) lançait une grande opération de lutte contre les graffitis sauvages au Mont des Arts. Le site, un des symboles de Bruxelles, en était recouvert par endroits depuis des années. 277.000 euros étaient alors budgétés pour un grand nettoyage "one shot" et un suivi régulier sur le site. Le but était alors de "casser le cercle vicieux du tag". "Si vous taguez, ce sera directement effacé".

Un an après, l'opération qui s'achèvera en juillet aura finalement coûté moins cher que prévu (160 000€) avec la moitié pour le grand nettoyage et l'autre pour l'enlèvement systématique des graffitis les mois suivants. "La principale dépense a été l'application d'une sorte de vernis spécial sur les pierres qui permet de faciliter l'enlèvement de la peinture."

"Le Mont des arts est clairement plus propre"
"Il y a eu un changement d'état d'esprit", remarque le secrétaire d'État en visite sur le site. "Le Mont des arts est clairement plus propre." Il faut en effet aujourd'hui chercher la petite bête pour trouver un dessin à la bombe.

Dans les jardins du Mont, seul le mobilier, qui ne dépend pas de la Régie des bâtiments, reste marqué (bancs, tables, bacs à fleur…). Les poubelles, elles, un temps taguées à la bombe orange, présentent des marques de nettoyage.

"Bruxellois, touristes internationaux, touriste belge, navetteurs… Le nombre de passages par le Mont des Arts doit se compter en dizaines de millions par an. C'est un lieu emblématique, une carte postale de la capitale et de la Belgique. Chaque personne qui passe ici en ressort avec une image de Bruxelles. C'est pour cela que c'est inacceptable de laisser des tags sauvages ici. D'où cette réponse structurelle pour avoir les tagueurs à l'usure."

Après le grand nettoyage lancé en mai 2023 et qui a duré plusieurs semaines, l'équipe de nettoyage passait au minimum une fois par semaine. "Parfois plus." Ce nettoyage intensif a pu user les pierres même si aucune étude sur la question n'a été réalisée.

Symbole de cette lutte du secrétaire d'État, les arcades du palier du Mont des Arts avaient été clôturées au lancement de l'opération et le son toujours aujourd'hui. "Elles vont le rester pour le moment, mais nous avons lancé des discussions pour trouver un prestataire qui pourrait les occuper." Est notamment envisagée une terrasse.

3,5 millions d'euros supplémentaires
La "guerre contre le tag" est donc gagnée ? Le secrétaire d'État se garde bien de l'assurer. Il va donc lancer un nouveau marché public estimé à 3,5 millions d'euros pour 4 ans. Cette fois, ce marché couvrira le nettoyage de tous les bâtiments de la Régie en Région bruxelloise (Palais de justice, Bozar, Mont des Arts…). Il ne s'agira plus de passage systématique comme l'opération du Mont des Arts mais plutôt d'action de nettoyage "à la demande" avec des contrôles réguliers.

Caméras, fontaine et mur légal
Il y a un an, le secrétaire d'État Mathieu Michel annonçait également l'installation de caméras pour couvrir les angles morts du Mont des Arts. Ces dernières ne sont toujours pas installées mais devront l'être très prochainement, nous dit-on. On parle ici de 3 caméras qui permettraient d'identifier de potentiels nouveaux tagueurs ou auteurs d'incivilités.
Autre annonce qui ne s'est pas encore concrétisée : la restauration de la fontaine au pied des marches du Mont. L'attribution du marché a pris un peu de retard mais les travaux qui devraient durer entre un et deux mois doivent être lancés courant 2024.

Enfin, Mathieu Michel avait annoncé que la Régie étudierait la possibilité de laisser certains murs de ses autres bâtiments aux tagueurs pour des projets artistiques légaux et encadrés. "L'inventaire a été fait. On se rend compte finalement que peu de bâtiments sont possibles. On ne va pas autoriser cela sur le Palais de Justice par exemple." Dans son giron, on retrouve notamment à Bruxelles des bâtiments de bureaux, mais la Régie n'est pas forcément propriétaire de l'entièreté des immeubles qu'elle occupe, comme la tour Finances par exemple. "De plus, nous nous rendons compte que nous ne savons pas gérer ce type de projet. L'inventaire est donc prêt et nous sommes disposés à recevoir des demandes autant des communes que de la Région ou que d'autres organisations. Mais nous ne lancerons pas un appel à projet artistique nous-même."
