"On peut trouver de tout ici ! Des kalachnikovs, des armes lourdes, du crack": les riverains de Cureghem alarmés après les tirs à la kalachnikov
Trafic d'armes et de drogues, dépôts clandestins, incivilités : la vie des habitants se transforme en enfer.
- Publié le 06-02-2025 à 06h55
- Mis à jour le 06-02-2025 à 08h53

Le ras-le-bol est général dans le quartier de Cureghem, en proie à une insécurité toujours plus forte depuis une dizaine d'années. Entre le trafic de drogue, d'armes, les dépôts clandestins et faits de vandalisme, les riverains arrivent à un point de saturation. Les faits survenus ce mercredi constituent la goutte d'eau.
"On peut trouver de tout ici ! Des kalachnikovs, des armes lourdes, du crack. Sur la vidéo des tirs survenus mercredi, on voit que les gamins ont du mal à tenir leur fusil. Quand ils tirent en l'air, ils arrivent à peine à contrôler la force de l'arme. Il aurait pu y avoir des victimes collatérales. Les riverains ont peur pour leur vie, on reçoit des messages de menaces si on parle à la police. Mon épouse n'ose plus sortir car elle s'est déjà fait agresser trois fois", explique Mohamed Ouamarah, riverain bien connu du quartier qui s'était lancé en politique pour tenter de faire bouger les lignes.
Les images où l'on voit les deux individus se promener avec leur arme de guerre au milieu de passants sont hallucinantes. "Il y a des gens qui partent travailler, d'autres qui vont à l'école. Tout ça pour tomber sur gens armés. Ça fait froid dans le dos surtout que ce n'est pas la première fois", souffle une habitante du quartier. "Il faut qu'un enfant soit blessé pour que les politiques fassent quelque chose ? On se sent un peu abandonnées", ajoute une passante.
Les riverains dénoncent le "jeu" perpétuel du chat et de la souris qui s'instaure entre les jeunes et la police. "La police ferme la place mais dès qu'ils sont partis, les dealers sont de retour dans l'heure", soupire une habitante.
"Cureghem n'est pas une zone de non-droit mais de tous les droits"
Dès lors, pour Mohamed Ouamarah, il convient de déployer l'armée pour dissuader les trafiquants de s'adonner au deal de rue. "Cureghem n'est pas une zone de non-droit mais de tous les droits. On a des marchands de sommeil, des commerces illégaux, des enseignes en infraction, des dépôts clandestins qui servent de planques pour la drogue. Il faut assainir le quartier. J'avais alerté l'ancien bourgmestre PS Eric Tomas il y a dix ans par rapport au fait que la situation devenait hors de contrôle. Aucune mesure structurelle n'a depuis lors suivi et nous vivons aujourd'hui dans la terreur."
Le recours à l'armée n'est toutefois pas la solution pour l'actuel bourgmestre d'Anderlecht Fabrice Cumps (PS). "Nos militaires ne sont pas outillés pour intervenir dans du deal de rue, ce n'est pas leur mission. Les moyens budgétaires publics doivent permettre de renforcer la chaîne sécuritaire. La meilleure preuve qu'il n'y a pas de laxisme est que nous procédons à de nombreuses arrestations. Durant les mois d'été, 1500 personnes ont été arrêtées. Ce n'est toutefois pas assez car on sait que ce sont des personnes en errance qui sont arrêtées. Il faut donc aussi renforcer les moyens de la police judiciaire féedrale pour accélérer les enquêtes et débusquer les têtes pensantes des trafics", conclut-il.
