La Stib veut augmenter ses tarifs, mais les socialistes y sont opposés
La direction propose entre autres une hausse de 20 cents pour le ticket unique.
- Publié le 08-11-2019 à 13h50
- Mis à jour le 08-11-2019 à 18h53
La Stib veut augmenter ses tarifs l'an prochain. Le point, mis à l'ordre du jour lors du Conseil d'administration de l'entreprise voici quinze jours, a été retiré à la demande du vice-Président du CA, le socialiste Lotfi Mostefa. "J'ai expressément fait la demande au président du Conseil d'administration de retirer le point et collégialement, nous avons décidé de ne pas appliquer de hausse des tarifs", confirme-t-il à La Libre et à nos confrères de la Dernière Heure. Et de s'expliquer: "J'estime que cette hausse n'est pas pertinente, d'autant que les contribuables ont déjà suffisamment de mal avec leur pouvoir d'achat". Le directeur de la Stib, Brieuc De Meeûs, confirme lui aussi la volonté de la Stib d'une augmentation tarifaire pour l'année prochaine. "Ce point doit encore faire l'objet d'une discussion au niveau du CA", déclare-t-il. Précisons que l'exécutif bruxellois - qui tranche in fine - n'a reçu à ce stade aucune proposition formelle de la Stib.
Une hausse des tarifs de 5,5%
La proposition vise, entre autres, à augmenter de 20 cents le prix du ticket unique et de 20 euros le prix de l'abonnement annuel. Les recettes escomptées sont estimées à environ 17-18 millions d'euros. Les arguments avancés par la direction de la Stib sont multiples. Primo, les prix de la Stib n'ont plus augmenté depuis 2015. Deuzio, cette hausse a pour objectif de compenser la perte financière liée à la politique de gratuité désormais offerte aux moins de 25 ans et aux plus de 65 ans qui devrait entrer en vigueur courant 2020. Le coût de cette mesure est estimée à environ 30 millions d'euros par an. Tertio, si la Stib n'augmente pas ses tarifs, elle ne pourra pas présenter un bilan en boni.
Concrètement, le budget de la Stib prévoit une hausse de ses recettes de 8,5 % pour 2020. Le management de la Stib a expliqué à son CA que ces 8,5 % correspondaient à une augmentation de 3 % du nombre de passagers ainsi qu'à une indexation des prix de 2 %. Les 3,5 % restant ne sont, eux, pas expliqués. En réalité, ils concerneraient cette fameuse augmentation du prix des abonnements et des tickets.
Discussions lors du prochain conclave
Au sein du gouvernement bruxellois, qui prend la décision finale donc - la Stib ne faisant que proposer la mesure -, les avis sont plus que partagés. En clair, seuls les socalistes sont catégoriquement opposés à cette mesure. Inutile de préciser en effet que celle-ci ne fait pas du tout leur affaire sur un plan électoral.
Les autres partis de la majorité semblent ne pas avoir d'avis tranché sur la question. "Nous avons prévu d'en parler en février-mars lors des discussions budgétaires, en connaissance de tous les éléments budgtétaires, pour permettre à la Stib de mieux fonctionner (...)", réplique la ministre bruxelloise de la Mobilité Elke Van den Brandt (Groen). Même son de cloche du côté d'Écolo qui dit vouloir se positionner en temps opportun.
Chez one.brussels (SP.A), c'est le silence radio. Défi ne s'oppose pas à une augmentation tarifaire pour autant que les montants suivent l'indexation. L'Open-VLD n'est lui non plus pas opposé à la mesure proposée par la Stib. "Au regard de l'augmentation de l'offre et de la qualité du service et dans l'optique d'une gestion financière saine de la société, il ne serait pas illogique d'augmenter les tarifs", nous explique-t-on. "Le gouvernement bruxellois nous a toujours annoncé que sa politique de gratuité en faveur des jeunes et des séniors ne coûterait rien. Je ne peux que constater qu'elle va être payée par les autres usagers", fustige le député de l'opposition Christophe De Beukelaer (CDH) dont le parti, rappelons-le, a jadis montré une ouverture certaine à ce sujet en commandant en pleine période électorale une étude visant à analyser les possibilités d'instaurer la gratuité sur l'ensemble du réseau. Reste à voir ce que l'exécutif Vervoort III tranchera in fine.