Un nouveau zoo à Bruxelles après l'ancien jardin royal de zoologie ? Ce ne sera plus possible !
La récente décision du gouvernement bruxellois d'interdire la détention de dauphins puis d'otaries met un terme à tout projet de nouveau zoo dans Bruxelles.
- Publié le 11-04-2021 à 09h08

Le zoo, ou jardin zoologique, est un lieu d'acclimatation pour les animaux en vue de leur exposition au public, et qui se situe entre jardin scientifique et parc de loisirs avec pour mission d'encourager l'intérêt pour les sciences zoologiques et botaniques.
Bruxelles est une des seules capitales, avec Luxembourg, à ne pas en héberger de zoo en son territoire. La Belgique ne compte que deux vrais zoos (Anvers et Olmen) et un nombre impressionnant de parcs animaliers (Aywaille, Pairi Daiza, Planckendael et Bellewaerde entre autres). Pourtant un zoo a bien existé en bas de la rue Belliard dans l'actuel Parc Léopold au pied des institutions européennes, et ses pavillons d'accueil s'érigent toujours fièrement avec la mention Jardin Royal de Zoologie en fronton.
Le zoo de Bruxelles (1851-1878)
Au cours du 19e siècle, quatre jardins zoologiques furent créés en Belgique. Le Zoo d'Anvers fondé en 1843, fut suivi de ceux de Gand, de Bruxelles (tous deux en 1851) et de Liège (1865), et par après Spa et Genk.
Le parc Léopold, dans la vallée du Maelbeek, occupe l'emplacement de l'ancien domaine d'Eggevoort qui dépendait, au 15e siècle, de la châtellenie de Bruxelles.
Ce grand terrain fut acheté en 1819 comme domaine de plaisance aux portes de la ville par la famille Dubois de Blanco puis cédé en 1851 à la Société royale de Zoologie, d'Horticulture et d'Agrément afin d'y aménager un espace de délassement et de découverte de curiosités scientifiques pour les habitants du nouveau Quartier Léopold, devenue ensuite le Quartier du Luxembourg.
Le zoo de Bruxelles fut ouvert au public le 19 septembre 1852 en étant conçu comme un salon public, une institution scientifique urbaine propice à la promenade, assorti d'une collection d'animaux destinée à divertir et à susciter l'intérêt scientifique.
Plus encore peut-être que les animaux, les activités culturelles constituaient un pôle d'attraction apprécié de la bourgeoisie. En 1860, l'acquisition de l'ancien cloître des Soeurs Rédemptoristes porta la superficie de ce jardin à 11 hectares. On y installa une ferme (où l'on vendait des œufs, du beurre et des fruits), une patinoire et un kiosque à musique. Le joyau architectural du zoo était la serre Victoria Regia, conçue en 1853 pour y héberger le nénuphar géant d'Amazonie. À la fermeture du zoo, la serre a été déplacée ; on peut encore l'admirer aujourd'hui au Jardin Botanique national de Meise.
Mal géré et trop axé sur le divertissement et la détente et moins sur la science, le zoo de Bruxelles fut fermé en 1878, celui de Gand en 1904 et celui de Liège un an plus tard ; victimes du tourisme vers la côte belge et de la concurrence du zoo d'Anvers.
Divers projets de zoo au 20e siècle
En 1880, à l'occasion du 50e anniversaire de l'indépendance de la Belgique, tout le domaine occupé jadis par le zoo de Bruxelles fût transformé en un parc public : l'actuel parc Léopold.
Au 20e siècle, quelques nouvelles tentatives de création d'un zoo à Bruxelles échouèrent faute de capital financier suffisant : dans le domaine du Rouge-Cloître, à Auderghem en 1908 puis dans le parc Josaphat, à Schaerbeek, en 1912 et en 1935.
Le dernier projet, le mieux finalisé, date de 1936 à Zellik, près de Bruxelles avec un plan budgétaire de 30 millions de francs belges pour réaliser un parc zoologique avec installations d'hébergement des animaux, mais aussi divers restaurants et dancings, clubs de sport, terrains de tennis, un solarium, deux piscines, une ferme modèle et une clinique vétérinaire. Une fois de plus, le capital nécessaire ne put être rassemblé et les plans furent abandonnés.
Comme le Bruxellois ne peut plus détenir chez lui ni dauphins ni otaries, Bruxelles ne verra jamais d'autre zoo sur son territoire !