Alors que la "guerre des gangs" inquiète les Anversois, le Vlaams Belang surfe sur l'événement

- Publié le 03-09-2019 à 20h45
- Mis à jour le 03-09-2019 à 20h49

À Borgerhout, le Vlaams Belang rebaptise la rue des Éperons d'or en "Zonder Granaat Straat".Septième explosion de grenade cette année endommageant des voitures et des façades dans la nuit de dimanche à lundi à Borgerhout (Anvers). Ces trois dernières années, une soixantaine de faits violents, liés au trafic de stupéfiants, s'y sont produits. La guerre des gangs a-t-elle repris de plus belle après la trêve estivale ponctuée par le très culturel Zomer van Antwerpen ? À Anvers, on se pose la question.
Un qui ne s'en pose pas en tout cas, c'est Filip Dewinter (Vlaams Belang). Il n'a évidemment pas manqué de surfer sur l'événement. Sur une image envoyée sur Twitter, on voit le vice-Président du Parlement flamand flanqué de Dolf, un riverain "âgé de 95 ans" habitant au numéro 37 de la rue des Éperons d'or (Guldensporenstraat) à Borgerhout et d'une poignée de sympathisants Vlaams Belang. Dans cette rue "assiégée par des migrants et où sévit aujourd'hui la mafia de la drogue", plusieurs voisins du nonagénaire n'ont pas le choix, lance M. Dewinter. Certains, refusant de déménager, ont dû sécuriser leur maison "à grands frais" pour se mettre à l'abri des… grenades. Chaque manifestant arborait une pancarte "Zonder Granaat Straat" (pourvue du logo et l'adresse web du Belang), la symbolique étant clairement de faire le lien entre le nom de la rue (la bataille des Éperons d'or) et la ferme volonté du parti d'extrême droite d'exiger une intervention plus musclée de la part des autorités communales.
"Mocromafia"
L'explosion de lundi visait, semble-t-il, un certain Mohamed El H. qui aurait trouvé refuge au Maroc et qui serait le bras droit d'un certain Abdelkader Bouker surnommé "Le Juif". Ces deux hommes appartenant à ce qu'on nomme en Flandre la "Mocromafia" - pour "mafia marocaine" - travailleraient pour des patrons hollandais.
Les enquêteurs pensent avoir affaire à un énième règlement de compte. En juillet 2016, Abdelkader Bouker avait été enlevé en pleine rue près de son domicile à Schelle. Est-il toujours en vie ? Nul ne le sait. La rumeur colporte que son corps a été dissous dans un fût d'acide.
Échec des autorités
Ce qui est sûr, c'est que la guerre des gangs hollandais se déplace progressivement d'Amsterdam à Anvers. Un phénomène que les autorités ne parviennent pas à juguler. Les profits du trafic de la drogue sont énormes, c'est un vrai marché souterrain où circulent des milliards d'euros. Explosion de grenades, cocktails molotov, tirs de kalachnikov… les habitants de Borgerhout s'inquiètent toujours plus de cette guerre des trafiquants et de la violence qu'elle génère.
Et l'exemple amstellodamois inquiète. D'après une étude parue la semaine dernière aux Pays-Bas, la consommation de cocaïne à Amsterdam s'élève à 4 kg par jour. Il se dit que la cocaïne y est livrée à domicile plus vite qu'une pizza…J.He.