Intercommunales: le recrutement du demi-frère de Chastel choque à Charleroi
L'intercommunale de Santé Publique dans l'œil du cyclone
- Publié le 23-08-2019 à 19h13
- Mis à jour le 23-08-2019 à 19h14

L'intercommunale de Santé Publique dans l'œil du cyclone.
Manifestement, le nouveau décret wallon sur la gouvernance publique n'a pas encore mis fin aux pratiques politiques nébuleuses du passé. La preuve ? A l'Intercommunale de Santé Publique du Pays de Charleroi (ISPPC), l'étonnante procédure de recrutement d'un directeur général adjoint le confirme.
Mercredi, les membres du bureau exécutif de l'entreprise qui gère deux hôpitaux publics (NDLR : le CHU Marie Curie et la clinique Vésale) et plus de 5.000 travailleurs ont reçu et auditionné le seul et unique candidat dont le dossier avait été jugé recevable et dans les délais sur les quatre déposés : il s'agit de Thomas Salden, en congé de la vice-présidence du conseil d'administration de l'ISPPC, mais aussi secrétaire général adjoint du MR et demi-frère d'Olivier Chastel.
Si les dispositions légales ont été respectées dans cette procédure d'engagement, c'est l'élaboration du profil de fonctions qui dérange : le conseiller général est appelé à gérer des matières stratégiques qui engagent directement l'avenir de l'entreprise et de l'activité. Or, aucun titre universitaire ni diplôme ne sont requis en dehors d'une expérience managériale d'au moins dix ans dans un service public ou une institution subventionnée. Vu le niveau de responsabilités de la fonction, c'est à tout le moins… inhabituel.
Autre anomalie : l'intéressé a validé lui-même en bureau exécutif le profil établi par le président du comité de direction de l'intercommunale, Michel Dorigatti. "Lors de cette délibération, aucune voix n'a voulu ou osé relever l'anomalie", s'indigne la secrétaire nationale de la CSC Services Publics Véronique Sabel. "Mon syndicat et le SLFP ont été les seuls à dénoncer le protocole d'accord à l'issue du feu vert donné par les administrateurs, dont de nombreux socialistes."
Pour la représentante CSC, "Salden a obtenu l'appui des camarades PS pour sa candidature." Ce que les intéressés démentent formellement, en off. Il n'empêche que leur silence laisse peser de gros doutes.
Enfin, pour couronner le tout, il apparait que les quatre DG actuels viennent de bénéficier chacun d'une augmentation salariale de 20.000 euros par an, soit 10% de leur rémunération brute annuelle (autour de 200.000 euros) hors avantage extralégaux comme une voiture de luxe et des assurances groupe. Voici deux ans, un scandale à l'ISPPC portait sur le coût excessif de certains managers. Eh bien, le nouveau comité de direction représente une dépense annuelle de près d'un million d'euros. Une note qui va encore grimper. "De qui ulcérer les petits barèmes et blouses blanches sous pression", note Véronique Sabel.
Nous avons contacté l'ISPPC qui n'a pas souhaité réagir, ainsi que Thomas Salden.