Herbert Grommes croit en l'ouverture
A 39 ans moins quinze jours, Herbert Grommes aime à confier qu'il n'en a encore que 38. Ce n'est pas par coquetterie mais plutôt par souci d'honnêteté. Se définissant comme rieur sans être rigolo - il avoue qu'il ne sait pas raconter les blagues -, ce natif du village de Schnberg, près de Saint-Vith, n'en est pas moins juriste, interprète et depuis le 13 juin dernier, le second député germanophone siégeant dans l'hémicycle du parlement namurois.
- Publié le 23-08-2004 à 00h00

PARCOURS
A 39 ans moins quinze jours, Herbert Grommes aime à confier qu'il n'en a encore que 38. Ce n'est pas par coquetterie mais plutôt par souci d'honnêteté. Se définissant comme rieur sans être rigolo - il avoue qu'il ne sait pas raconter les blagues -, ce natif du village de Schnberg, près de Saint-Vith, situé aux confins de notre belle province, n'en est pas moins juriste, interprète et depuis le 13 juin dernier, le second député germanophone siégeant dans l'hémicycle du parlement namurois. Il fut le seul élu issu du parti chrétien germanophone (CSP) - pendant du Cdh - au sein de la circonscription de Verviers.
Passionné de social
"Papa était un sympathisant du CSP, j'ai baigné dedans depuis que je suis petit", livre-t-il simplement. "Le président du parti était originaire de notre village ce qui facilitait les contacts et la sympathie envers lui. J'ai vécu le cheminement des prises de décisions politiques du parti depuis le début et j'y adhère complètement. La famille, la formation, les gens, l'éducation sont les bases de la société. Je ne conçois pas que l'on puisse quitter ce parti pour aller ailleurs. Moi, il me passionne, je n'ai jamais douté de lui".
Député, une première
Son diplôme d'Interprétariat en poche et poursuivant des études de juriste à Louvain-La-Neuve, il effectue un stage au cabinet du vice-premier ministre Melchior Wathelet avant d'y trouver sa place en tant que responsable du relais des informations de l'homme politique qui lui sert de patron auprès de la communauté germanophone et ce, de 1989 à 1993.
"Il souhaitait que nous répondions au courrier en langue allemande et que ses propositions soient également bien comprises, mon job, c'était de traduire".
Au sortir de cette expérience, il entre en politique au CSP, à Saint-Vith et se présente aux communales en 1994 où il sera élu conseillé avec 400 voix.
Un an plus tard, il se présente encore et est cette fois élu un échelon plus haut, au sein du Raad, le conseil de la Communauté germanophone. "Comme pour les élections du 13 juin dernier, mes soeurs, ma famille était très satisfaite et contente pour moi. Moi, je n'y croyais pas mais j'en suis fier je crois car je compte représenter tous les Wallons dans leur ensemble et leur différence culturelle ou autre. Evidemment, je me concentrerais aussi sur les intérêts des habitants de ma communauté mais il faut rester lucide, nous représentons moins de 1 pc de la population belge".
Elu, il goûtera au potage de l'opposition en 1999. Depuis lors, au sein du CSP, il travaille côte à côte avec les francophones de l'arrondissement pour revenir au pouvoir. "Les dernières élections et l'ultime campagne ont été géniales, il régnait une parfaite harmonie entre nous, c'était super. Ensemble, nous allons faire du bon travail. Personnellement, j'ai choisi de m'y consacrer à plein temps et de mettre de côté ma carrière de juriste. Par conséquent, je logerais deux jours par semaine à Namur car les trajets, 1h45 deux fois par jour, c'est un peu fatiguant même si je les fais en juillet", poursuit-il encore.
Pour ce féru de lecture, de jogging et amoureux des city-trips, des îles grecques et des balades à moto dans les Ardennes belges, la politique est une passion dans laquelle il peut concilier ses convictions et sa volonté de bien faire au service de ceux qui sont dans le besoin mais sans mélanger les deux. "En communauté germanophone, nous ne connaissons pas la multiculturalité comme peuvent la connaître les grandes villes wallonnes. Le PSC en ce sens avait besoin symboliquement de changer de nom et d'image. Ce n'est pas le cas chez nous. Néanmoins, je crois en l'ouverture aux autres. Je suis un francophile et j'aime beaucoup la culture francophone."
Fils de Molière et de Goethe
Impatient dans le privé, Herbert Grommes est davantage patient et déterminé en politique où il a une préférence pour les affaires sociales, les hôpitaux, la famille mais également l'économie et l'aménagement du territoire. Par ailleurs, à ses yeux, sa législation devrait être simplifiée.
"En matière économique, la Communauté germanophone pourrait davantage servir de relais vers l'Allemagne et l'Autriche. Nous vivons à la fois avec la langue de Molière et celle de Goethe, la Wallonie doit apprendre à en tirer des avantages. L'ouverture, dans tous les sens du terme ne peut être qu'un enrichissement pour notre région et ses habitants. Il y a une stratégie à adopter et nous, apprendre à nous valoriser".
© La Libre Belgique 2004
