Tour de France : Mathieu Van der Poel délivre l'équipe belge Alpecin
Après un début de Grande Boucle frustrant pour son équipe, le coureur d'Alpecin-Premier Tech a remis les pendules à l'heure.
- Publié le 13-07-2026 à 08h45
- Mis à jour le 13-07-2026 à 11h23

Le ventre arrondi par l'arrivée prochaine de leur premier enfant, Roxanne Bertels brandit le poing derrière la ligne d'arrivée d'Ussel dans un étrange mimétisme avec son compagnon Mathieu van der Poel. Dans un cri rageur, le triple vainqueur du Tour des Flandres et de Paris-Roubaix bondit sur ses freins pour embrasser celle qui vient de se faufiler sous les barrières afin de rejoindre son "champion".
En réglant au sprint ses trois derniers compagnons d'échappée (Johannessen 2e, Pidcock 3e et Baudin 4e), le Néerlandais volant a délivré une équipe Alpecin-Premier Tech qui s'était pris les pieds dans le tapis sur les trois sprints massifs de ce Tour de France avec Jasper Philipsen. Un succès conquis de haute lutte.
Mathieu, la bonne échappée du jour a mis près de 100 kilomètres à se dessiner. Comment avez-vous géré ces deux heures d'une course folle et à quoi avez-vous alors pensé ?
J'avais dit en souriant, avant le départ de Malemort, que le plus difficile serait d'intégrer l'échappée car 80 % des coureurs allaient avoir envie de s'y glisser comme la probabilité qu'elle aille au bout était assez élevée. Durant la première heure, je n'étais pas vraiment confiant, mes sensations n'étaient pas bonnes. Mais j'ai retrouvé des jambes à mesure que les kilomètres défilaient et je me suis accroché pour batailler. J'avais effectué des entraînements à la chaleur en amont de ce Tour, mais j'ai tout de même souffert des températures lors des premières étapes. Je voyais que je ne récupérais pas comme habituellement. Mais depuis un jour ou deux, cela va bien mieux, mon corps semble s'être acclimaté.
Je n'ai pas compris la tactique UAE, mais elle m'a été profitable.
Avez-vous compris la tactique des UAE qui ont un moment roulé derrière vous en tête de peloton ?
Non pas vraiment. J'ai entendu que les Ineos en avaient fait de même mais c'est plus facile à entendre car ils espéraient sans doute nous reprendre pour jouer la victoire d'étape avec Godon par exemple. Même si elle est difficilement lisible, cette situation m'a, je crois, été plutôt profitable. Cela a contraint tout le monde à se livrer à fond pour faire vivre notre groupe à l'avant, moi le premier. Je n'étais d'ailleurs pas hyperconfiant en mon sprint car j'avais laissé pas mal de force dans le bras de fer que nous avons livré au peloton. Mais au final, ça l'a fait.
En amont d'un grand tour, quand analysez-vous les différentes étapes afin d'identifier vos objectifs personnels ?
Je fonctionne plutôt au jour le jour en fonction des profils mais surtout de mes sensations. Je ne suis pas le genre de coureur qui étudie les parcours des semaines à l'avance car même si vous échafaudez le meilleur des plans, celui-ci dépendra toujours de votre forme du jour. J'aurais pu construire toute une stratégie pour l'étape de Foix qu'a gagnée Pedersen par exemple, mais si les sensations ne sont pas optimales ce jour-là…

Cette étape s'est disputée non loin des terres limousines de votre grand-père Raymond Poulidor. Cette dimension symbolique vous a-t-elle habité ce dimanche ?
Non. Être sur le Tour, c'est déjà assez spécial pour moi. Ce n'est pas toujours simple car j'y ai de nombreux souvenirs avec Papy. Et où que ce soit, je suis heureux de lever les bras sur cette course.
On savait que la roue allait tourner.
Les choses n'ont pas tourné comme l'équipe l'espérait lors des trois premiers sprints massifs de ce Tour sur lesquels Jasper Philipsen a déçu. Comment avez-vous géré cela en interne ?
Nous avons un super groupe sur ce Tour, et je peux vous dire que l'ambiance à table le soir entre coureurs est toujours restée très positive. On s'est dit que nous n'avions plus d'emprise sur ce qui était derrière nous et nous avons donc tenté de rester calmes et concentrés. On savait que la roue allait tourner et j'espère maintenant que ma victoire va servir de déclencheur, que Jasper s'imposera lui aussi dans les prochains jours.
Votre printemps des classiques n'a pas été aussi étincelant cette saison que lors des dernières années. Cela rend-il cette victoire d'étape un peu plus belle encore ?
Quand on enchaîne les grands succès et que le palmarès se remplit, cela peut donner le sentiment que la victoire est quelque chose de facile et presque naturel à décrocher, mais ce n'est jamais le cas pour qui que ce soit dans le peloton. On travaille tellement dur pour ça vous savez ! En six Tours de France, je n'ai encore remporté que trois étapes. Je crois que cela en dit suffisamment long sur ce que cela peut représenter et la difficulté à lever les bras sur la Grande Boucle.