Can 2025 : le Maroc est devenu la nouvelle superpuissance
Jean-Charles Vankerkoven, réalisateur belge expérimenté et reconnu, dirigera sa quatrième Coupe d'Afrique des nations, qui commence dimanche.

- Publié le 20-12-2025 à 09h58

Sans le connaître, vous avez déjà tous vu et admiré son travail. Pas plus tard que la semaine dernière, c'est par exemple lui qui réalisait la captation du match entre l'Union Saint-Gilloise et Marseille. À 62 ans, Jean-Charles Vankerkoven compte des centaines de matchs sur son CV, notamment de Coupe du monde, Ligue des nations, Champions League et quatorze années sur TF1 pour les Bleus. Et le voilà aujourd'hui parti pour quatre semaines au Maroc, où il sera l'un des Belges actifs dans les coulisses de la Coupe d'Afrique des nations.
"Je vais travailler à Rabat, confie ce réalisateur audiovisuel originaire de Mons qui compte plus de trente années d'expérience dans le milieu. Je serai avec une équipe franco-belge et marocaine, puisque nous travaillons avec la SNRT, la chaîne nationale marocaine qui fournit les équipements et certaines ressources humaines sur place. Il y a d'ailleurs un échange réciproque de savoir-faire avec les Marocains. Mais j'emmène aussi des caméramans ou des opérateurs ralentis avec qui j'ai l'habitude de travailler."
Du jamais-vu en Afrique
Jean-Charles Vankerkoven sera sur place dès ce week-end, mais il ne dirigera son premier match que le mardi 23 décembre : la RD Congo face au Bénin, dans un stade rénové spécialement pour le tournoi. "À Rabat, il y a quatre stades, neufs ou remis à neuf. Et ça, c'est très excitant en tant que réalisateur. Parce que tout a été fait pour qu'on ait de très bonnes positions pour les caméras mais aussi un éclairage de qualité, ce qui est fondamental pour des caméras à haute vitesse."

Jusqu'à trente caméras proposeront des images pour une captation d'un niveau jamais vu dans une Coupe d'Afrique des nations. "C'est vraiment un cran au-dessus de ce qu'on a pu voir. On va avoir des dispositifs, dès les premiers matchs, qui correspondent aux finales des autres éditions. On aura en fait des captations comparables à ce qui se fait sur l'Euro, avec des standards très élevés, au-delà même de la Champions League, en phase de groupe, par exemple. On aura des spidercams, des caméras en mouvements, des drones, etc."
On aura des captations comparables à ce qui se fait sur l'Euro.
L'objectif est simple : "Le Maroc veut mettre la barre très haut, étant donné qu'elle veut aussi marquer le coup avec la perspective de la Coupe du monde 2030 qu'elle coorganise, observe Jean-Charles Vankerkoven. Là-bas, tout le monde a envie de montrer les capacités du Maroc, qui sont clairement au-dessus de toutes les autres nations africaines, notamment au niveau des infrastructures."
En bref, il faut s'attendre à un spectacle de grande qualité. La volonté est en tout cas très claire : marquer les esprits avec un impact visuel très fort qui mettra en valeur les stades mais aussi l'atmosphère autour de cette compétition très spéciale.

"Dans une Can, il y a toujours énormément d'engouement et de manifestation des émotions, témoigne le Montois. Il y a des célébrations avant les matchs, pendant, après les grosses actions, après les buts. Les joueurs eux-mêmes ont toute une gamme de célébrations qu'on a parfois en tête. Mais la réalité, c'est surtout le terrain : les scénarios de matchs, la qualité des joueurs, etc."
Il y a toujours énormément d'engouement et de manifestation des émotions.
Il s'agira de la quatrième Coupe d'Afrique des nations du Belge, après celles au Burkina Faso (1998), en Égypte (2006) et au Ghana (2008). "Je suis aussi allé en Afrique du Sud pour la Coupe du monde. Je connais donc bien ce type de ferveur et l'enthousiasme autour de cette compétition. Avant, il y avait peu de représentants africains à la Coupe du monde. Donc la Coupe d'Afrique, c'est le vrai événement pour toutes ces nations."
Pas diffusé en Belgique
Voilà pourquoi Jean-Charles et son équipe tenteront d'exploiter au mieux chaque seconde de la dizaine de rencontres qu'ils couvriront avec des images qui seront diffusées dans le monde entier. Mais pas en Belgique… "Je ne sais pas pourquoi personne n'a acheté les droits de diffusion de cette Coupe d'Afrique. Je n'ai pas vraiment d'explication", regrette-t-il, même si la réponse est surtout financière : aucune chaîne n'a souhaité se positionner directement auprès de la CAF ou de demander une sous-licence auprès de beIN Sports, détenteur des droits pour la France.