Le gouffre financier entre Anderlecht et Bruges se creuse et ce n'est pas fini
Le Sporting s'est stabilisé mais les Blauw en Zwart avancent à vitesse grand V.
- Publié le 01-05-2026 à 11h59

Les voyants ne sont plus au rouge au Lotto Park. Après des pertes cumulées de presque 100 millions € entre 2017 et 2021 – heureusement que l'augmentation de capital opérée à la fin de l'année 2021 a sauvé les meubles –, Anderlecht s'est stabilisé sur le plan financier. Si bien que, pour la deuxième fois de rang, la dernière saison écoulée (2024-2025) s'est soldée par un résultat net positif. Sans compter que pour la troisième fois consécutive, le chiffre d'affaires a dépassé la barre symbolique des 100 millions €. Des indices plutôt encourageants.
Reste que, sur le plan financier, le Sporting demeure bien loin de l'ogre brugeois. Analyse.
Anderlecht a dû vendre, Bruges a refusé 100 M €
Si les Mauves se sont mieux portés, c'est surtout grâce à la croissance permanente des recettes commerciales, c'est-à-dire la vente des billets, le merchandising, le sponsoring, l'hospitalité, etc., mais aussi aux primes UEFA versées à la suite de la campagne en Europa League. Anderlecht, propriété de Marc Coucke et de son partenaire Joris Ide, mais aussi de Geert Duyck à qui Wouter Vandenhaute a vendu ses parts, reste une marque solide et reconnue et se repose sur un modèle plus sain qu'auparavant. Le club mise, par exemple, sur l'expérience des supporters au stade, en investissant notamment dans ce show son et lumière.
La perte liée à la non-qualification pour une compétition européenne sera, lors de l'actuel exercice comptable, compensée par les ventes de Jan-Carlo Simic, pour un peu plus de 20 millions € à Al Ittihad, Nilson Angulo, pour 20 millions € à Sunderland, et de Kasper Dolberg, pour 10 millions € à l'Ajax. Que le Club Bruges puisse, de son côté, se permettre de refuser près de 100 millions € pour ses joueurs (Tzolis, Ordonez, Onyedika…) cet hiver en dit long sur sa surpuissance financière. Rien que le montant des primes des deux dernières campagnes en Champions League équivaut grossièrement à cette somme à trois chiffres.

Une masse salariale près de 45 % plus élevée
Les Blauw en Zwart, détenus en majorité par Grizzly Sports, qui rassemblent Bart Verhaeghe, Jan Boone (Lotus) et Peter Vanhecke (Castel Capital), et en minorité par Orkila Capital, parviennent pour l'instant à instaurer un cercle vertueux. Non seulement ont-ils investi dans le Club YLA, la section féminine, et dans le Club NXT, ils ont aussi renforcé leur équipe première pour briller au-delà de nos frontières, en y injectant de la qualité et, par conséquent, en ajustant leur masse salariale (77,42 millions €) à leurs ambitions. Elle est d'ailleurs 45 % plus élevée que celle d'Anderlecht (qui a d'ailleurs brillamment réussi à revoir la sienne à la baisse). De quoi remettre en perspective la rivalité…
Si, malgré l'instabilité au sein de sa structure, le Sporting demeure son dauphin à l'échelle nationale, le Club Bruges, qui reste sur une série de onze exercices en bénéfices, incarne le statut de mastodonte au sein de la Pro League. Sur les trois dernières années, les revenus brugeois ont dépassé au total le demi-milliard d'euros et dépassent de 200 millions € ceux du club le plus titré du pays. Sans compter qu'en termes de résultat net sur cette période, le RSCA a perdu un peu plus de 4 millions € et que le FCB a empoché plus de 32 millions €.
Le stade pour entériner la suprématie
Face à la domination, l'Union SG répond par une stratégie de recrutement inégalée. Avec Nathan De Cat comme nouveau symbole, Anderlecht pourrait, de son côté, miser sur la relance de Neerpede, même si le retard que le Club Bruges a pu accuser dans ce domaine se résorbe progressivement. Les Mauves ont plus que quiconque recours aux joueurs formés par le club cette saison, mais son éternel rival le suit à la trace et croise surtout ses doigts dans un autre dossier : celui du stade.
Les Blauw en Zwart l'ont effectivement déposé sur la table du Conseil du contentieux des permis le 2 avril dernier. À compter de cette date, l'instance doit traiter, dans un délai de 60 jours maximum, le recours en annulation introduit par un groupe de riverains contre le permis d'environnement.
En cas de gain de cause, Bruges pourra commencer la construction de sa nouvelle enceinte, qui accueillerait 40 000 supporters et serait prête pour la saison 2028-2029. Vu la santé financière actuelle, le Club devrait même pouvoir continuer à investir dans son équipe première parallèlement… Cette étape ferait définitivement passer les Brugeois dans une autre dimension !