Thierry Henry: "Kevin De Bruyne est différent, je me retrouvais en lui"
Thierry Henry nous a accordé une interview exclusive dans le cadre d'un événement organisé par Samsung. L'ancien adjoint de Roberto Martinez s'est expliqué comme jamais auparavant sur son passage chez les Diables rouges
- Publié le 09-05-2026 à 08h01

Il compte ses doigts pour s'arrêter à six. "J'ai six télévisions chez moi." Thierry Henry éclate de rire et s'empresse d'ajouter qu'elles sont toutes des Samsung et de pointer le slogan WatchItOnASamsung.
"Par contre je déconseille de regarder un match avec moi à la télévision. Ça dure quatre heures car je fais des pauses, je reviens, je décortique la phrase et j'analyse tout. J'aurais rêvé de vivre un match aux côtés de Johan Cruyff. Je me serais juste tu. Je l'aurais écouté sans rien dire."
La légende de l'équipe de France a vêtu son costume de poster boy pour promouvoir le lancement de la campagne de la marque coréenne en vue de la Coupe du monde. Thierry Henry nous promet d'être aussi ébloui par la nouvelle technologie qui vient d'être lancée que par ses dribbles avant d'enrouler du pied droit dans la lucarne opposée.
Samsung a franchi un nouveau cap. Principalement grâce à deux innovations qui doivent amener les amateurs de football dans une nouvelle dimension. L'expérience est assez bluffante. Grâce à une nouvelle technologie LED et à l'intelligence artificielle, l'image est plus qualitative que jamais avec un focus mis sur les joueurs, le terrain et le ballon.

Deuxième nouveauté : la modulation des sons. Les nouveaux modèles permettent de baisser ou d'augmenter le volume des commentaires ou le son d'ambiance. L'IA vient en aide aux anciens qui veulent regarder la télé avec les commentaires de la radio.
Votre télécommande sera plus que jamais votre alliée cet été. Samsung vous permet de lui poser directement des questions. Test : "qui était l'adjoint de Roberto Martinez avec la Belgique durant les Coupes du monde 2018 et 2022 ?"
Thierry Henry s'était muré dans le silence quand il était actif avec l'équipe nationale belge. Sans jamais s'exprimer sur son passage chez les Diables rouges. Il a accepté de nous accorder quelques minutes d'un agenda chargé pour réveiller ses souvenirs en noir-jaune-rouge.

On voulait revenir avec vous sur les deux Coupes du monde que vous avez vécues avec la Belgique. Un très beau moment en 2018, un moins beau en 2022. Comment expliquez-vous la différence entre les deux tournois ?
C'était très différent. Le tournoi de 2018 marquait un moment où beaucoup de joueurs étaient à leur apogée. Donc voilà, c'est dans le titre (rires). Les mecs, ils sont en plein pouvoir. Eden, c'était Eden. Romelu était Romelu et Kevin De Bruyne était Kevin De Bruyne, je ne dois pas faire les présentations. La défense était à un niveau incroyable avec un Vincent Kompany qui revient en cours de tournoi car il avait quelques soucis de mollet. J'oublie presque Thibaut Courtois qui était, comme tous ceux que j'ai cités, à son prime.
Jj'ai encore des frissons en repensant au match du Japon
Et puis il y avait le coach Roberto Martinez…
Il a mis des choses extraordinaires en place. La cohésion qu'il y avait avec le groupe et le public… (il marque une pause, visiblement heureux en évoquant son passé) Moi personnellement, je l'ai toujours dit, je suis français fier de l'être. Mais ce que j'ai vécu avec la Belgique, comment vous m'avez accueilli ; franchement, je n'ai rien à dire. Là en vous parlant, j'ai encore des frissons en repensant au match du Japon. Le match du Brésil. Celui contre la France aussi. Tout ce qui s'est passé… c'étaient de grands moments. Le retour en Belgique, la célébration sur la Grand-Place, c'était extraordinaire.
Et pourquoi 2022, s'est moins bien déroulé ?
J'en garde quand même un bon souvenir. Parce que si vous regardez bien. Et on n'est pas là pour parler en mal de Romelu. J'adore Romelu. Mais s'il met les balles au fond contre la Croatie, je ne sais pas ce qui peut arriver pour le reste du tournoi. Tout peut être différent. Après, avec des si…
Avec des si, vous éliminez la Croatie.
Exactement. Et la Croatie va jusqu'où après ? En demi-finale. C'est la preuve qu'on ne sait jamais. Comme disent les Anglais : the rest is history. On ne va pas refaire le film, on est d'accord. Mais je ne veux pas me concentrer là-dessus. Je préfère me souvenir de nos victoires comme face au Portugal à l'Euro 2021 ou au Brésil en 2018. Ce sont de grands moments. Et puis, j'ai côtoyé Eden Hazard (sourire).
Il est le joueur belge qui vous a le plus marqué ?
Eden, c'est Eden. Il est à part. Mais Kevin De Bruyne (il marque une pause). Il est différent. Il voit les choses différemment. Je me retrouvais souvent en lui. Parce qu'il a une façon de voir les choses, de voir la vie, de parler, de comprendre certains trucs. Souvent, les gens se disent 'mais pourquoi il s'énerve ?' C'est juste que Kevin est différent. C'est pour ça que de temps en temps, il va faire une passe pour laquelle tu te demandes, 'mais qu'est-ce qu'il a vu ?' C'est un joueur extraordinaire.
L'intelligence de Dries Mertens est fabuleuse.
Un autre Diable vous a-t-il spécialement impressionné ?
On parlait d'Eden et Kevin et de tous les autres. Mais je vais vous dire un truc : le niveau d'intelligence de Dries Mertens… C'est fabuleux. Dries, c'est le genre de mec qui va voir si tu n'as pas bien mis ton plot, que les règles ne sont pas bien respectées à l'entraînement, ou qu'il y a un truc que tu as raté. Et il va te le dire. Il voit très bien les choses, il les comprend. S'il y a quelque chose qui n'est pas bien sur le terrain, qu'il faut rectifier tactiquement, il le voit tout de suite. Vincent Kompany était également comme ça. Beaucoup de joueurs de cette équipe avaient ce truc. Franchement, j'ai beaucoup appris avec eux. C'est vraiment une génération extraordinaire.
Vous avez suivi la saison compliquée de Romelu Lukaku avec Naples et ses blessures. Peut-il, comme par le passé, être le grand attaquant de la Belgique à la Coupe du monde ?
Comme je dis bien souvent, il faut l'aider à revenir. N'oublions pas qu'il a perdu son père. Et il s'est blessé. À un moment donné, si on passe au-dessus du foot, il faut prendre cela en considération. C'est mieux d'avoir Rom en pleine forme. Mais gardons en tête que le nombre de buts qu'il a mis avec la Belgique, ce n'est pas donné à tout le monde.
Personne n'ira chercher ce record avant des années…
Oui, avant des années, peut-être. Et je ne sais pas si ça arrivera. Il faut avoir à l'esprit que de temps en temps, un être humain a besoin d'aide dans des circonstances comme celles qu'a vécues Lukaku.
Vous étiez très important pour lui chez les Diables Rouges parce qu'il vous voyait un peu comme son grand frère, comme un confident, un conseiller. Il a besoin de ce genre de relation pour être bien ?
On se parle toujours. Je sais qu'il y a une Coupe du monde. Il va falloir qu'il revienne bien. Et ça, c'est le coach qui va décider. Mais n'oublions pas qu'il y a l'être humain. Et il a connu pas mal de difficultés cette année, hors terrain.
Vous avez été pressenti pour reprendre les Diables rouges à une époque. C'est maintenant un autre Français qui est à la tête de l'équipe. Comment jugez-vous le travail de Rudi Garcia ?
Je n'ai pas vu les matchs. Ce n'est pas pour faire le mec qui ne veut pas répondre, car c'est la vérité. Tout ce que je lui souhaite, c'est bonne chance. Et de connaître ce que nous, on a pu connaître. Parce que quand les Belges sont contents… c'est pas mal (rires).
Je suis Français mais j'ai toujours dit que la Belgique est un peu comme une deuxième nation pour moi.
Que vous inspire cette nouvelle génération belge ?
Il y a des joueurs de qualité. J'ai eu la chance de connaître Jeremy Doku à ses débuts. On l'a repris à l'Euro et il a tout cassé. Maintenant, il est à Manchester City. Il a parfois joué, parfois pas. Youri Tielemans a aussi pris du galon. Il y a plein de joueurs de qualité. J'aurai toujours un faible pour la Belgique. Je sais qu'il y a toujours cette guéguerre entre Français et Belges. Mais ça ne me dérange pas. Vous m'avez bien accueilli. Je suis français mais j'ai toujours dit que la Belgique est un peu comme une deuxième nation pour moi. Même dans les périodes difficiles, j'ai vécu de bons moments.
Qu'attendez-vous de cette Coupe du monde 2026 qui arrive très bientôt ?
C'est un tournoi spécial. On dit souvent que la Champions League est le plus haut niveau. Mais elle est jouée chaque année et, à part en finale, si tu perds le match aller, tu peux te rattraper au retour. Au Mondial, tu n'as qu'une seule chance. Tu la loupes, c'est fini. Ton maillot peut devenir lourd à cause de cette pression. Si on m'avait dit que la France ferait quatre finales en sept Coupes du monde, je n'y aurais jamais cru. C'est une réussite mais ça n'empêche pas l'obligation de performer lors de la suivante.