Thomas Meunier est en route vers son sixième Monument avec les Diables
Thomas Meunier arrive en pleine confiance au rassemblement des Diables rouges. Le latéral vient de passer un cap important en jouant son 500e match professionnel. Son regard est désormais tourné vers la Coupe du monde, son sixième grand tournoi avec la Belgique.
- Publié le 25-03-2026 à 10h15
"Marquer au Vélodrome, c'est mythique. Et cela n'a rien à voir avec mon passé parisien. Le stade était plein, on a fait un super match. ça reste un très bon souvenir."
Thomas Meunier pouvait difficilement débarquer à Tubize sur une meilleure note. Le Belge a marqué et donné un assist avec Lille sur le terrain de Marseille, offrant la victoire aux Dogues. De bon augure pour le stage à Atlanta et Chicago.
Avec quel sentiment partez-vous aux États-Unis pour ce rassemblement ?
Je suis déjà très heureux d'être là. Être en sélection nationale, c'est toujours une récompense. Beaucoup d'équipes vont en Amérique pour préparer le tournoi. Ça reste une belle expérience, surtout pour les jeunes joueurs. Franchement, je ne vais pas me plaindre : il y a pire que d'aller jouer deux matchs en Amérique. Et pour l'avoir déjà fait lors de tournées d'été avec mes clubs, c'est toujours très bien organisé, très moderne et motivant.
Ce voyage arrive à un moment clé de la saison avec Lille car vous vous battez pour obtenir un ticket pour la Champions League…
Oui mais ce genre de situation revient chaque saison. Il faut juste bien communiquer entre staff des fédérations et de l'équipe nationale pour gérer la charge mentale et physique. Personnellement, je reviens d'une blessure, je suis resté cinq semaines sans jouer, donc j'ai besoin de rythme, de minutes. L'équipe nationale me rend service à ce niveau-là si je peux obtenir des minutes.
Quel est votre rapport aux États-Unis ?
Je n'ai pas vraiment de connexion avec la culture américaine. Je ne cours pas trop après ça. Je ne suis, par exemple, pas la NBA, je n'écoute pas spécialement de la musique de là-bas. Je me sens très européen. Par contre, j'ai mis sur ma liste de souhaits un voyage pour voir un match de NFL, de NHL ou même du Nascar. Un petit trip sportif, quoi.
Ce stage est la dernière étape avant la Coupe du monde. Pensez-vous que le statut de la Belgique, qui n'est plus parmi les favoris, peut vous aider ?
Nous ne sommes pas favoris ? Je le pensais. Peut-être sommes-nous un peu naïfs (rires). La pression qui pesait sur nos épaules n'a jamais été un thème dans le vestiaire. Être favori ou outsider, ça ne change pas grand-chose pour nous. Il y a eu un changement de génération. Beaucoup d'anciens sont partis, des jeunes arrivent. C'est difficile de faire des pronostics. Par contre, je trouve qu'il y a eu beaucoup de progrès ces deux-trois dernières années. La sauce commence à prendre. Est-ce que ce sera suffisant pour faire un tournoi mémorable ? Je ne sais pas. Mais nous n'avons pas beaucoup à envier à d'autres nations au niveau de la mentalité et du jeu. Prenez l'Angleterre. On l'annonce toujours en finale et elle y arrive rarement. On sait qu'il y a des nations comme la France où le réservoir permet d'aligner trois équipes capables de gagner la Coupe du monde. Nous, on a un noyau de 30-35 joueurs qui peut nous permettre de performer. On sait aussi que dans un grand tournoi, il faut aussi un peu de réussite : les tirages, les matchs, les détails, tout importe. En 2018, on était très proches de gagner le tournoi. Cette année, on n'a rien à perdre. On doit y aller sans se poser de questions.
Mon objectif, c'est de rester professionnel jusqu'à 40 ans.
Vous allez jouer votre sixième grand tournoi avec les Diables rouges et vous venez de franchir la barre des 500 matchs professionnels. Quelle est votre réaction quand vous jetez un œil dans le rétro ?
Ça me donne envie d'aller encore plus loin. Je suis arrivé jusque-là, donc pourquoi m'arrêter ? Mon objectif, c'est de rester professionnel jusqu'à 40 ans. J'ai toujours cette passion, ce feu en moi. Comme quand j'avais 10, 18 ou 25 ans. Ça n'a jamais changé. J'espère que les prochaines échéances seront aussi positives que tout ce que le football m'a déjà offert.
Vous voyez-vous vraiment jouer jusqu'à 40 ans ? Et avec la Belgique ?
Je prends souvent l'exemple de Jan Vertonghen, qui a réussi à combiner club et équipe nationale longtemps. Après, ça dépendra de mon état de santé, du niveau auquel j'évolue et de la concurrence. Mon plaisir serait de combiner les deux.
Cela vous laisse six ans pour aller chercher le record de caps de Jan Vertonghen mais vous risquez d'être un peu court…
Aucune chance que ça arrive. Il faudrait que je joue jusqu'à 50 ans pour battre son record (NdlR : 157 caps contre 76 pour Meunier). Après, le nombre de sélections n'est qu'un chiffre. Ce n'est pas important à mes yeux. Je vois plus loin que juste ma présence sur le terrain. Le futur de l'équipe nationale, c'est cette jeunesse. J'espère pouvoir l'accompagner et avoir le plaisir de rester dans le football international.
Vous arrivez en fin de contrat à Lille, avez-vous envie de continuer ?
Si je pouvais écrire mon propre contrat, ce serait plus simple (sourire). Pour l'instant, il n'y a rien de concret. Ma porte est ouverte. Lille le sait. On est plusieurs joueurs en fin de contrat et personne n'a prolongé. Lille a déjà fait pareil la saison passée. On a eu des discussions officieuses, mais c'est resté assez vague. Je ne me fais pas de souci. Je suis un aventurier, ça ne me dérange pas d'aller voir ailleurs.
Il y a des contacts, des clubs qui appellent. Mais je n'ai pas encore eu de coup de fil de Bruges. Ni même d'Anderlecht ou du Standard. Ma porte est toujours ouverte.
Vous vous dites aventurier mais la rumeur d'un possible retour au Club Bruges grandit vu les départs probables de Seys et Sabbe…
Aujourd'hui, à 34 ans, les choix sont différents de quand j'étais au Borussia Dortmund ou au PSG. À l'époque, je pouvais presque signer n'importe où. Désormais, ça dépend des opportunités. Il y a des contacts, des clubs qui appellent. Mais je n'ai pas encore eu de coup de fil de Bruges. Ni même d'Anderlecht ou du Standard. Ma porte est toujours ouverte. On peut discuter avec n'importe quel club.