La "French Touch" de Louvain
Malgré un programme copieux qui le menait au Racing et au Dragons lors des quatre premières journées de championnat, Louvain a déjà glané huit unités et figure dans le "Top 4". Les Universitaires n'ont donc pas eu besoin d'une période d'essai pour tourner à plein régime.
- Publié le 29-09-2011 à 04h15
- Mis à jour le 29-09-2011 à 17h11

Malgré un programme copieux qui le menait au Racing et au Dragons lors des quatre premières journées de championnat, Louvain a déjà glané huit unités et figure dans le "Top 4". Les Universitaires n'ont donc pas eu besoin d'une période d'essai pour tourner à plein régime.
Pourtant, avec sept joueurs qui ont quitté le noyau demi-finaliste l'an passé et dix nouvelles arrivées, le nouveau cru présente un visage radicalement différent. Et cela se ressent ! Vu la liste des 23 membres inscrits, la concurrence est féroce pour intégrer le groupe des 16 élus. Ainsi, sur le terrain, tous s'efforcent de se mettre au service de la collectivité. Le concept de stars "à la Singh" n'a plus droit de cité désormais. Autre changement visible, tous les acteurs sont mus par un fighting spirit qu'on n'avait plus vu à Louvain depuis leur titre en 2007-2008.
Si le jeu de Pau Quemada n'avait aucun secret pour les meilleurs artificiers du pays, celui du trio français composé de Tom Genestet, de François Scheefer et de Lucas Sevestre laissait nettement plus perplexe. La déroute tricolore aux derniers championnats d'Europe à Mönchengladbach renforçait l'idée que ces trois-là souffriraient pour s'imposer dans une équipe qui vise le titre.
Après deux semaines de compétition, tous les trois ont déjà marqué les esprits par leurs qualités tant humaines que sportives. Ils ne viennent pas juste espionner les raisons de la réussite du hockey belge pour l'importer chez eux. Non, le trio veut poser sa griffe sur notre DH. Leurs références plaident d'ailleurs leur cause.
Tom Genestet, malgré un petit gabarit, a déjà empilé trois buts dont un à Brasschaat et surtout il a déjà pris ses repères aux côtés de "monstres sacrés" comme Quemada, Garreta ou García.
En un été, ce Parisien est passé du statut de titulaire incontournable au Saint-Germain Hockey Club à celui de nouvelle recrue qui doit se battre aux entraînements pour mériter de figurer dans le groupe des 16.
"A Louvain, il y a du beau monde , souligne d'emblée Tom Genestet, 75 sélections en équipe de France. Tout le monde se bat pour sa place. J'ai été surpris par le niveau du championnat belge. En France, trois clubs se battent pour le titre. Derrière ? C'est le vide. Ici, tous les noyaux de DH me paraissent si homogènes. Je ne pensais pas que tant de bons joueurs évoluaient en Belgique. On pourrait constituer quatre équipes nationales avec tous ces talents. A Paris, je demandais à sortir du terrain afin de souffler un peu. Ici, je me bats pour y rester le plus longtemps possible. Avant de débarquer à Louvain, je m'interrogeais sur mon niveau de compétitivité."
Ses premiers matches officiels sur le sol belge ont déjà apporté un début de réponse à celui qui est né dans le milieu. Fils de parents hockeyeurs au plus haut niveau, il a suivi le mouvement perpétué par son frère aîné, qui joue aux Pays-Bas avant que le cadet n'emboîte à son tour le pas. Les trois frangins portent d'ailleurs la vareuse de l'équipe nationale même si le benjamin a manqué de peu sa sélection pour Mönchengladbach.
Star dans son club, Tom Genestet rêvait depuis longtemps de quitter le pays pour intégrer un championnat plus huppé. Après avoir connu quatre titres entre 2006 et 2009, il a atteint les quarts de finale en EHL avec son club de cœur. "Le club, créé en 1927, n'avait jamais connu les honneurs d'un titre avant 2006. L'an passé, les cadres de l'équipe ont pris leur retraite. La fin de l'âge d'or du club "
Aujourd'hui, il ne regrette pas son choix. Il se sent bien en Belgique et plus particulièrement à Louvain. En juillet, lorsqu'il noue les premiers contacts avec les managers des clubs belges, il tranche assez vite pour l'entité de Kessel-Lo malgré d'autres offres de club moins en vue. "En cette année préolympique, beaucoup d'internationaux rentrent au pays. Des clubs belges cherchaient sur d'autres fronts. Louvain proposait clairement le meilleur projet sportif. Au début, j'étais ravi que le hasard ait placé deux compatriotes sur la même route."
Genestet a joué avec Sevestre en club et avec Scheefer, qui a quitté l'équipe championne en titre de Montrouge, en équipe de jeunes. Les trois se sont déjà fondus dans l'effectif louvaniste.
Seul hic, les trois Mousquetaires effectuent tous les dimanches soir le trajet vers la Ville Lumière. Du lundi au jeudi midi, ils sont réquisitionnés par leur sélectionneur national afin de préparer le tournoi préolympique de 2012. Ainsi, ils ne reviennent dans le Brabant flamand qu'à l'occasion de l'entraînement de jeudi soir.
"Vu la programmation du championnat belge, nous n'en souffrons pas. La qualification pour les Jeux s'annonce très délicate, mais on veut y croire."
