Leçon de réalisme pour les Red Lions

Les Red Lions ont essuyé un second revers en moins de 48 heures. Hier, les rusés pakistanais ont roulé dans la farine une équipe belge qui a dominé de manière stérile la rencontre.

Thibaut Vinel
Leçon de réalisme pour les Red Lions
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Champions Trophy Les Red Lions ont essuyé un second revers en moins de 48 heures. Hier, les rusés pakistanais ont roulé dans la farine une équipe belge qui a dominé de manière stérile la rencontre.

Muets sur pc, les protégés de Marc Lammers n'ont pas réussi à imposer leur jeu. Physiquement moins puissants en raison de l'importante débauche d'énergie de samedi, les Red ont manqué de réalisme dans le cercle pakistanais. Dominer n'est pas gagner. Ils l'ont appris hier.

Les Asiatiques ont appliqué à la lettre leurs schémas tactiques. Regroupés en défense, ils ont admirablement joué leurs contre-attaques.

A la 56e minute, une remontée de terrain rondement menée a offert à Khan le premier but de la partie. Pour l'histoire, les Pakistanais ont doublé la mise à la dernière minute tandis que Lammers avait sorti son gardien pour ajouter un élément de plus dans le jeu.

Malgré ces deux défaites, les Belges conservent leurs chances de disputer la finale le 9 décembre. En effet, le format de la compétition prévoit que les huit nations se retrouvent en quarts de finale. Mais, si les Belges terminent en quatrième position du groupe B, ils seront contraints de défier en quarts de finale le premier du groupe A. Dans l'autre groupe, la situation reste très indécise vu que l'Inde joue parfaitement son rôle de trouble-fête dans la hiérarchie. Les Indiens, que les Lions ont battus il y a un an en finale du Champions Challenge, restent invaincus après deux rencontres. Ils devancent au classement les Allemands et les Anglais.

Parmi les nouveaux arrivés dans le camp belge, certains ont déjà montré une partie de l'étendue de leur talent. Titularisé à deux reprises pour ses deux premières capes, le 'petit' Arthur Van Doren a déjà tout d'un grand.

"Cette seconde défaite est regrettable", souffle le benjamin des Red Lions. "Nous avons dominé une grande partie de la rencontre. Nous savions qu'ils excellaient dans l'art du contre. On s'est fait piéger à leur propre jeu. Le tournoi n'est pas encore terminé."

La boule rasée, Arthur Van Doren a découvert avec plaisir la vie d'un Red Lions. "Je suis très fier de porter un tel maillot. Je ne suis qu'au début d'une carrière qui, je l'espère, s'annonce très longue. Les nouveaux ont été bien intégrés par les anciens."

Âgé de 18 ans et deux mois, le défenseur du Dragons a toujours eu le bon goût d'éclore de manière précoce. En quelques mois, il était passé du statut de scolaire à celui de joueurs clefs de l'équipe première du 'Dragons de la grande époque'. Il avait ouvert son temps de jeu avec les 'A' lors d'un voyage aux Pays-Bas en EHL.

"Nous affrontions Moscou au premier tour de l'EHL, se souvient-il. Je reconnais que j'avais peu pesé sur la rencontre, mais je n'oublierai jamais ces dix premières minutes avec l'équipe A."

Le talent n'attend pas les années. Du haut de ses 16 ans en 2010, il avait grappillé quelques minutes de jeu après avoir passé à peine deux rencontres sur le banc de touche. Depuis ses premiers coups de stick avec son oncle qui jouait à l'Héraklès, il a toujours séduit les observateurs. Son sang-froid, sa vista et son talent l'ont souvent mis sur un piédestal dans les équipes jeunes.

Lorsqu'il débarqua en DH, il ne craignait pas de devenir un anonyme parmi les autres. Pointé du doigt comme étant le futur pilier de la défense des Red Lions, il refusait toute gloriole anticipée.

"Je serais considéré comme fou si je vous disais que je n'ai pas conscience qu'une belle carrière s'ouvre à moi. Je veux clairement étoffer mon palmarès."

Deux ans plus tard, il a reçu le coup de fil tant attendu. Marc Lammers lui a offert sa première cape en 'A' lors d'un match de Champions Trophy contre l'Australie, à Melbourne. Les Aussies, quadruples tenants du titre, n'ont pas effrayé le jeune 'Lion' aux dents acérées et à l'ambition aussi illimitée qu'il ne reste humble en toutes circonstances.

"J'ai été impressionné par la vitesse de jeu ainsi que le tempo élevé. La pression est constante sur les défenseurs. J'écoute beaucoup les conseils des joueurs plus expérimentés."

Lancé par Colin Batch au Dragons, il n'a pas retrouvé son mentor avec l'équipe nationale. Il a aussi découvert les méthodes d'un nouvel entraîneur. "Il est trop tôt pour avoir un avis précis sur Marc Lammers. Extraverti, il maîtrise l'art de la communication. Les échanges avec le groupe sont très positifs", conclut celui qui dort seul dans sa chambre en raison de ses examens. "Quand je reviendrai en Belgique, je dois passer ma session d'examens."

Entre deux séances d'étude, il remontera sur le terrain mardi contre les Pays-Bas en espérant effacer une partie de la déception de la défaite contre le Pakistan.

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