Des ego piqués à vif
Zoulou Brulé n'a pas survécu aux deux lourdes défaites au Pingouin (5-2) et au Léopold (5-1). Le trône de l'entraîneur s'était transformé ces dernières semaines en siège éjectable.
- Publié le 25-03-2013 à 07h19

Zoulou Brulé n'a pas survécu aux deux lourdes défaites au Pingouin (5-2) et au Léopold (5-1). Le trône de l'entraîneur s'était transformé ces dernières semaines en siège éjectable. Le conseil d'administration du Racing a donc posé un acte fort en se séparant de son T1 dont les méthodes n'étaient plus respectées par une partie de l'équipe. Si les "Noirs" avaient convaincu au premier tour contre le Watducks (1-0) ou au second tour contre Louvain (0-5), ils ont emprunté un mauvais cap. Le navire prenait l'eau de toutes parts. Brulé a préféré rester à quai en vue du play-off. La croisière se poursuivra donc avec Murray Richards qui sera secondé par Olivier Nonnon. Le président Thomas François regrette ce choix qui s'apparentait comme un mal nécessaire pour sauver une saison qui n'a pas pris la tournure attendue.
Thomas François, dans quel état d'esprit êtes-vous trois jours après avoir limogé votre entraîneur principal ?
Je n'ai pas été satisfait par les dernières prestations de l'équipe, mais je ne parlerais pas de catastrophe. Il est tard, mais pas trop tard. Je reste confiant. J'attends désormais une réaction du groupe. Le conseil d'administration a pris ses responsabilités. Au groupe d'assumer les siennes. La réponse sera entendue sur le terrain.
Pourquoi avoir décidé de vous passer des services de votre T1 ?
Humainement, je n'ai rien à lui reprocher. La décision fut pénible à acter. Il faut reconnaître que la sauce n'a pas pris. Comme il occupait la fonction de chef d'orchestre, il endosse la responsabilité lorsque la symphonie connaît des ratés. Si ce fusible a sauté, je souligne aussi la responsabilité des joueurs.
C'est-à-dire ?
Nous sommes descendus dans les vestiaires pour les sermonner sérieusement. Nous avons réalisé que l'équipe ne tournait plus à plein régime. Avant la trêve hivernale, je n'étais pas satisfait par les résultats. La situation s'est crispée à l'approche des demi-finales.
Le Racing possède une équipe composée de fortes personnalités. Zoulou Brulé avait-il perdu le contrôle des vestiaires ?
Non, pas du tout. Il a bien géré les vestiaires. Je regrette juste qu'il n'ait pas réussi à imposer son style de jeu. Ses directives n'étaient pas suivies par une partie du noyau. Le groupe a perdu une partie de sa confiance. Un grain de sable a enrayé la mécanique. Tout s'est effondré.
Ce grain de sable se nomme Tchouk Truyens…
Son absence n'a pas aidé le groupe. Tchouk est une clef essentielle. Sur le terrain, ses apports sportifs et humains transcendent l'équipe. Il servait de lien entre la défense et l'attaque. Charlier, Catlin, Boon ou Gougnard aiment jouer avec la balle au stick. Ils ne passent pas souvent leur balle. Tchouk servait de liens entre tous dans l'entrejeu.
A ce propos, quand pourra-t-on le revoir sur un terrain ? Sa blessure à l'épaule évolue-t-elle favorablement ?
Il a repris la semaine passée l'entraînement. Il espère être de retour dans une ou deux semaines, mais le risque zéro n'existe pas. Il s'est fracturé le pouce et l'avant-bras en début de saison. Ici, il s'est blessé à l'épaule.
Cette saison devait ressembler à un long fleuve tranquille. Sur papier, le Racing disposait d'une équipe de rêve. Que s'est-il passé pour que ce rêve se transforme en cauchemar ?
Aucun titre n'est facile à conquérir. Tous les matches doivent être joués. Je vous assure qu'aucun de mes joueurs ne pensait que le championnat serait une promenade de santé. Le Racing n'a jamais été arrogant.
Lors de la défaite à Nivelles, quelques insultes fusaient entre les joueurs irrités par la pauvreté du jeu. Etes-vous inquiet pour la suite de la saison ?
Quand vous perdez le contrôle de certains matches, votre confiance baisse automatiquement. Tout se grippe. Certaines personnes se mettent à râler. C'est la porte ouverte aux problèmes. J'ai discuté avec les joueurs. Ils sont prêts à réagir. Leur amour-propre en a pris un coup. Ces compétiteurs ont une revanche à prendre.
Quels sont les objectifs du groupe ?
Nous voulons absolument décrocher notre ticket pour l'EHL.
En parlant de l'EHL, la défaite contre le Léo lors du play-off l'an passé a-t-elle brisé une dynamique positive ?
Nous avons souffert à cause de cette quatrième place. Nous avons réussi à bâtir une équipe solide qui a digéré ce contretemps.
En tant que président, redoutez-vous la fin de championnat ? Nous entrons dans une ère de spéculations quant aux transferts. Les noms de Boon et Gougnard circulent avec insistance dans les clubs Outre-Moerdijk…
Nous avons rencontré un à un tous les joueurs pour connaître leurs intentions. Tom (Boon) et Simon (Gougnard) ont émis l'hypothèse de quitter le club. Aujourd'hui, il existe 50 % de chances pour qu'ils restent. Je comprends que Tom soit intéressé par le top hollandais. Nous en saurons plus dans les trois semaines. Quant aux autres, ils devraient tous rester. Nos étrangers Kempf, Catlin et Smith ont réaffirmé leur motivation. Les Anglais devront juste encore discuter avec leur sélectionneur national au sujet du calendrier.
Boon, Gougnard ou Truyens ne seront pas éternels. Quels sont les dispositifs mis en place pour poursuivre cet âge d'or du Racing ?
Nous n'avons pas attendu aujourd'hui pour nous poser des questions. Nous avons créé une cellule "Be for DH" qui accueille huit joueurs. Ceux-ci sont entraînés individuellement. Repris de notre école de jeunes ou de clubs belges, ils ont entre 16 et 20 ans. Nous avons conscience que nous devons rajeunir nos cadres et ne pas chercher systématiquement à l'étranger.
