Hockey: Gaby Garreta tire plus vite que son ombre
Il fêtera ses 38 ans avec l'espoir d'accrocher un 8e titre de champion de Belgique. Rencontre.
- Publié le 28-01-2015 à 19h35
- Mis à jour le 29-01-2015 à 07h36

Namur s'érige comme le principal candidat à sa propre succession lors du championnat indoor qui vivra un virage important ce week-end. En effet, le club namurois, élève le plus régulier, s'est offert le luxe de choisir son adversaire en finale. A priori, le Racing possède un sérieux avantage, mais Louvain se sent prêt à forcer l'exploit en battant tour à tour les Ucclois et les Namurois.
A 37 ans, Gaby Garreta ne se préoccupe pas du tout du nom du challenger en finale. Il aurait, effectivement, tort de s'inquiéter de telles contingences. En effet, l'un des trois frères argentins est l'heureux propriétaire d'un palmarès indoor qui donne le tournis.
Entre 2004 et 2015, il a disputé 11 finales avec 7 titres à la clef. Mieux que quiconque, cet attaquant a dressé un bref état des lieux tout en revenant sur un parcours exceptionnel qu'il espère achever en 2018 du côté de… l'Argentine.
Gaby Garreta, dans une dizaine de jours, vous fêterez vos 38 ans. Quel est le secret de cette longévité ?
Je joue toujours en extérieur avec Linkebeek tout en m'entretenant au maximum en salle de fitness. Avec l'arrivée de la saison en salle, j'ai intensifié le travail physique.
Cette saison, Namur file vers le 2e titre de son histoire. Etait-ce si facile ?
J'ai souffert durant la première partie de championnat. L'an passé, Namur avait dominé assez facilement le championnat car le système avec 4 joueurs de champ optimisait notre jeu. Nous jouions admirablement bien dans les grands espaces. Cette saison, nous sommes pénalisés avec le retour au jeu à 6. Nous avons élaboré un nouveau plan de bataille.
Quelle est la valeur de ce championnat ?
Depuis que René Dautel est passé par là, certains projets se sont mis en place. Les clubs se soucient plus de l'indoor. Par exemple, Louvain a aligné une équipe très compétitive. Le Racing, malgré ce qu'il a dit, a joué le jeu à fond. Avec Pangrazio et Bourdeaud'hui, l'Amicale Anderlecht était une équipe très intéressante. Le Léopold de Zimmer ne manquait pas de talent. Je le répète, les matches sont de plus en plus disputés.
Croyez-vous que la salle puisse exister indépendamment des contraintes de l'outdoor ?
Avec la nouvelle structure, on sent qu'on est entré dans une nouvelle ère. L'an passé, j'avais été scandalisé par le calendrier qui prévoyait les finales le jour de la reprise du championnat outdoor. Quel manque de respect. Cette année, les dames disputeront la Coupe du monde dans une trop grande indifférence. La Fédération indoor bosse pourtant dans la bonne voie.
Seule ombre au tableau, vous ne figurez pas dans les projets du sélectionneur national. Pourquoi ?
Cette année, le groupe a changé. J'ai envie de participer à cette aventure à condition que je le mérite. Je manque de condition pour évoluer à ce niveau. Je devrai me battre pour rejoindre le groupe dans un an à l'occasion des Championnats d'Europe.
D'autant plus qu'en 2018, la fête s'annonce totale…
Oui, l'Argentine organise la Coupe du monde. Je rêve de finir ma carrière sur mes terres.
Là où tout a commencé…
Durant les vacances d'hiver à Buenos Aires, je ne manquais aucun match en salle. Avec l'âge, je me suis distancé de cet exercice particulier. Quand j'ai débarqué en Belgique, je me suis investi totalement dans l'indoor. J'ai atterri en décembre 2001 au Wellington que j'ai aidé à remonter. La salle met mes qualités en avant.
En 2004, le compteur titres se débloque. Quels souvenirs en gardez-vous ?
J'évoluais sous les couleurs du White Star. En finale, nous avions battu le Léopold dans une salle comble. Les tribunes de la Forêt de Soignes tremblaient sous les cris des supporters. Dans un même temps, j'ai remporté le titre avec les filles du Parc que je coachais. Une année parfaite.
Votre mémoire n'a pas pris la moindre ride…
L'année suivante, le White Star a battu l'Orée en finale. Ensuite, j'ai aidé l'Orée à arracher un titre avant de démarrer l'aventure avec le Racing durant 4 ans. J'ai perdu avec le Beerschot une finale en 2012. En 2012-2013, je n'ai pas joué la finale. Avec le Watducks, nous avons stoppé notre parcours en demi-finale. Le défi était ambitieux vu que le noyau n'avait aucune expérience de l'indoor. En 2013, j'ai pris la direction de Namur avec, encore, de la réussite à la clef.
Sept titres avec 4 clubs différents, ont-ils tous la même valeur ?
Le deuxième sacre avec le White Star fut le plus simple à collecter. Souvent, j'ai survolé le championnat avant de souffrir en finale. Je pense que le plus beau couronnement reste celui de l'an passé car Namur n'avait jamais remporté un tel honneur.
Durant ces 11 ans, quels furent les adversaires les plus coriaces ?
Je n'oublierai pas Antoine Denis. Il était vraiment dur à battre sur un terrain. Uccle Sport brillait par son collectif avec Boon, Charlier et Zembsch. Zimmer est promis à un grand avenir. Lucas De Mot a bien progressé. Pour moi, le meilleur de Belgique se nomme Gilles Jacob.