Et une, et deux, et trois… médailles
Felix Denayer apprécie la révolution faite par McLeod durant le stage à Cape Town.
- Publié le 27-01-2016 à 21h38
- Mis à jour le 28-01-2016 à 09h31

L'opération séduction des Red Lions se poursuit au-delà des espérances du côté de Cape Town. Après le renouveau indien, les protégés de Shane McLeod ont effacé leurs maux en trouvant les justes mots. Avant de reprendre l'avion lundi prochain, les Belges disputeront encore deux matches amicaux face au Canada. Espagnols, Irlandais et Canadiens (défaits 7-1 par les Belges hier) ont déjà fait les frais du renouveau noir-jaune-rouge.
Parmi les Lions qui ont retrouvé un appétit vorace, Felix Denayer figure en bonne position. Le médian du Dragons, qui a été légèrement contrarié par une gêne au mollet, respire la grande forme. L'ère Shane McLeod a chamboulé certaines habitudes dans un groupe qui avait besoin de ce changement. Le moindre détail est soupesé. Ainsi, hier soir, les binômes de chambres ont changé afin de permettre aux joueurs de discuter avec tout le monde. "J'en connais certains depuis mes 14 ans alors que d'autres viennent de débarquer. Nous nous connaissions mal en dehors du terrain. Tout ne se crée pas durant un match." Certes, les Red Lions n'ont pas attendu l'arrivée du Néo-Zélandais pour se parler, mais… "nous nous découvrons comme des êtres humains. On se raconte nos vies et nos rêves. Certains achètent des maisons. D'autres évoquent leur paternité."
Le leadership des 7 est mort
La notion de leadership, aussi, a été abolie. Exit le groupe des sept patrons. Désormais, tout le monde a voix au chapitre de manière plus naturelle. "C'est mieux ainsi", souffle Denayer.
Le douloureux souvenir de leur citytrip à Londres l'été dernier est oublié. La cinquième place de l'Euro ne colle pas vraiment au potentiel de ce noyau. "Nous sommes les mêmes personnes, poursuit 'Flex'. Nous jouions mal. J'étais dégoûté par ce fond de jeu car nous avons accepté tous les sacrifices : étalement des études, pause-carrière, lifestyle… Cette cinquième place ne nous suffisait pas du tout."
La quinzaine en Afrique du Sud a aussi éclairci la vision de jeu d'une équipe qui devait se réinventer pour surprendre les grands de ce monde. A force de multiplier les rencontres contre les Australiens, les Allemands, les Anglais et les Néerlandais, les Reds déployaient des schémas tactiques largement décryptés. "Nous réservons des surprises sur un plan tactique. Contre l'Irlande, nous avons démarré le match à 10 durant 5 minutes afin d'essayer de nouveaux positionnements." Shane McLeod ne recule devant aucune innovation. Il a profité de ce stage pour tisser des liens avec un groupe qu'il n'a dirigé pour la première fois qu'en octobre. "Je l'avais déjà connu comme T1 en junior au Dragons. On bavardait facilement ces dernières années après les matches au Watducks. Il sollicite beaucoup notre avis tout en sachant trancher au bon moment. Calme et ouvert, il inspire le respect."
Denayer vers un triplé inédit probable
Dans les prochains mois, McLeod devra couper dans les rangs pour coucher seulement 16 noms sur la liste des participants au voyage à Rio. Actuellement, vingt-quatre athlètes espèrent voir le Brésil. Felix Denayer préfère ne pas y penser. "Avant, nous en parlions souvent. Pour le moment, le sujet n'est pas encore entré dans nos discussions."
Nul ne bénéficie d'un statut protégé. Le médian de Brasschaat n'en a cure. Il sue tous les jours pour entretenir ce rêve. Il était déjà de la fête aux Jeux de Pékin et à Londres. "Par rapport à 2012, je me considère comme plus polyvalent et expérimenté. Bien sûr, j'ai traversé des creux comme lors de la Coupe du monde à La Haye et lors de l'Euro à Londres. A chaque reprise, j'avais démarré ces tournois épuisés par le hockey et mes études. J'ai aussi testé de nouvelles techniques. Je cherche à planifier au mieux les prochains mois afin de partir relax à Rio."
Justement, ses prochains mois se profilent en mode 'overbooked' avec de très hautes ambitions tant en Division Honneur qu'en EHL. "Nous bossons durant des années pour ces moments. Avec le Dragons, on a l'opportunité de viser de beaux résultats. En EHL, je veux franchir le dernier cap et, pourquoi pas, soulever le trophée. En DH, nous finirons dans le Top 4, mais le play-off remet les compteurs à zéro. L'an passé, nous avons largement dominé Louvain et le Léo alors que nous avons accroché de justesse le Top 4. Nous sommes conscients des atouts que nous possédons dans notre jeu. Je ne m'endors pas chaque soir en me chantant que je vais tout gagner." Mais il veut tout gagner. L'été prochain, il compte pencher son cou pour y glisser sa troisième médaille de 2016. "Si nous ne sommes pas en demi-finales à Rio, nous serions très déçus. Personne n'entre dans un Top 4 pour finir à la 4e place."
Il ne lancera pas cette folle moisson par un nouveau Stick d'Or car il ne figure pas parmi les trois nominés. Sa préférence prend la direction de son coéquipier du Dragons : Florent van Aubel. "Il me rend meilleur sur le terrain. Il a plus de vista que les autres. On veut toujours que le prix soit décerné à un gars de son club. John-John Dohmen le mérite amplement pour l'ensemble de sa carrière."