La Belgique qualifiée pour les quarts de la coupe du monde de hockey en salle: "Non, nous ne sommes pas la poubelle des Red Lions"
Zimmer, Simar et Thiéry ont tous frôlé une grande carrière chez les Red Lions, mais ont bifurqué vers la salle.

- Publié le 05-02-2025 à 18h30

Les Indoor Red Lions sont-ils des Red Lions 'ratés' ? La question est un peu directe. La réponse est nuancée. Prenez la sélection pour la Coupe du monde, vous verrez tout de suite que la plupart ont de solides références. N'entre pas dans l'équipe le premier venu ou le gars qui était disponible durant l'hiver. Présents en Croatie pour disputer la Coupe du monde, ils ont assuré leur qualification pour les quarts de finale en battant sèchement l'Australie grâce à un septuplé signé Philippe Simar. Ils ont encore faim et visent le podium. Comme les Red Lions.
Certains 'IRL' ont d'ailleurs entretenu une courte idylle avec leurs homologues de l'outdoor. D'autres ont manqué le bon timing. La grande majorité a surtout été barrée par une génération dorée en extérieur.

Trois cadres de l'équipe, Dorian Thiéry, Tanguy Zimmer et Philippe Simar, ont démêlé le vrai du faux. "Non, les Indoor Red Lions ne sont pas un lot de consolation", lance d'abord Tanguy Zimmer
Chacun des gars de l'indoor a écrit sa propre histoire. Dorian Thiéry a été l'un des leaders des Red Lions en outdoor lors de la qualification pour les Jeux olympiques de Rio. Mais, une vilaine blessure à l'épaule a ruiné ses rêves de gloire avec les Lions. "Je suis resté encore un peu avec le groupe que j'ai quitté il y a six ans", nuance le joueur de l'Orée. "J'étais chaud à l'idée de renouer avec la compétition de haut niveau. Je ressentais un manque que j'ai comblé avec la salle. Les Indoor Red Lions ne sont pas la poubelle de l'outdoor. Dans notre équipe, les jeunes comme Langer ou Bogaerts peuvent encore jouer la carte de l'outdoor. D'autres n'ont jamais essayé."
Tanguy Zimmer résume son parcours. "L'équipe nationale indoor m'appelle depuis 2010. J'avais 18 ans. J'accordais ma priorité à l'équipe nationale des jeunes en outdoor." Mais, ce joueur polyvalent du Léo a manqué ses deux rendez-vous avec l'outdoor. "J'avais disputé la Coupe du monde U21 en 2012", se souvient-il. "Lors du dernier match, je me suis blessé pour trois mois. A. Van Doren et M. Stockbroekx ont rejoint les A. Sans moi. Trois ans plus tard, la fédération m'a convoqué pour une mini-Coupe du monde que nous avons gagnée. Après le tournoi, je m'attendais à recevoir des nouvelles." En vain. Le téléphone n'a jamais vibré. Aucun des trois joueurs testés (Cuvelier, Rombouts et Zimmer) n'a été repris. "À ce moment, j'ai lâché l'affaire. J'ai envoyé péter le bazar quand on m'a demandé d'intégrer un groupe élargi avant les Jeux de Tokyo. J'avais d'autres priorités dans ma vie." Il a alors pris la route des parquets où il s'est mis au service de son pays.
À ce moment, j'ai lâché l'affaire. J'ai envoyé pété le bazar quand on m'a demandé d'intégrer un groupe élargi avant les Jeux de Tokyo."
Les uns sont payés, pas les autres. Les uns ont leur place dans les journaux, moins les autres. "Il y a 10 ans, on recevait un maillot, un short et des chaussures. On se bat pour obtenir plus d'équipements. Nous enchaînons les entraînements et les matchs. Avec un maillot officiel, on n'a même pas le temps de le laver entre deux matchs. Nos chaussettes étaient trouées. Nous nous entraînions avec nos maillots de club. Depuis qu'Osaka est arrivé en janvier, la situation s'est débloquée. Nous aussi, nous faisons des sacrifices. Ici, j'ai pris 10 jours de congé sans solde pour disputer la Coupe du monde."
Dorian Thiéry a connu les avantages des 'outdoor'. Ici, il n'évolue plus dans le même monde. "En Croatie, nous avons notre vol et notre logement qui sont payés. Nos équipements restent limités. On nous demande d'être pros. La réalité, c'est que nous sommes des passionnés. En étant en Croatie, nous perdons de l'argent. Pour être honnête, les sacrifices ne sont pas non plus comparables", dit le responsable de l'école des jeunes de l'Orée qui est également coach en BeGold avec les U18 boys. "Notre staff gagne dix fois moins d'argent que celui de Shane McLeod."
Je ne me considère pas comme un Red Lion raté. J'adore la salle."
Philippe Simar, le monsieur salle du hockey belge, aurait aussi aimé représenter le pays en outdoor. En U21, il avait disputé une bonne Coupe du monde en 2016 avec les Kina, Wegnez et autres De Sloover. Le joueur de l'Orée, 29 ans, a été appelé dans un noyau élargi avec 34 autres coéquipiers. "À ce moment, j'avais trouvé un boulot. Je ne voulais pas perdre mon temps. En plus, en attaque, la concurrence était solide. Je ne me considère pas comme un Red Lion raté. J'adore la salle. Des gars comme Boon et Charlier ont réussi avec les Red Lions en extérieur, mais ils venaient avec nous dès qu'ils en recevaient l'autorisation. Le problème réside surtout dans le calendrier. Les deux agendas ne sont pas compatibles."