Vettel offre sa victoire à Webber

Distrait ou antisportif, l'Allemand ne peut s'en prendre qu'à lui d'avoir perdu suite à une pénalité. Webber reprend la tête du Championnat du monde.Résultats et classements

O. d.W.
Vettel offre sa victoire à Webber
©EPA

Cela aurait dû être le récit d'une course sans histoire, presque trop facile pour le jeune Sebastian Vettel.

Archi-dominants depuis le début du week-end, l'Allemand et le team Red Bull ont peut-être été pris à leur propre jeu. Et n'ont, une nouvelle fois, pas ramené le doublé qui leur semblait promis après avoir relégué les Ferrari à plus d'une seconde en qualification.

En pole pour la septième fois cette saison, auteur d'un bon départ, le vice-champion du monde s'était envolé au rythme d'une seconde par tour. Après quinze boucles, la messe semblait dite. On pouvait commencer la sieste. Mais l'intervention de la safety car au 16e passage pour enlever des débris réveilla tout le monde.

En tête, Vettel hésita pour finalement rentrer à la toute dernière seconde au stand. Bloqué derrière Alonso, Webber prit, lui, l'option de rester en piste pour se retrouver leader derrière la voiture de sécurité s'effaçant deux rondes plus tard.

Mais alors que le règlement impose un maximum de dix monoplaces, soit 35m environ d'écart à la relance, Vettel en laissa au moins le triple en faveur de son équipier. Une erreur de distraction invoqua l'Allemand, furax au moment d'écoper d'une pénalité pourtant méritée. Nous avons plutôt le sentiment qu'il s'agissait d'anti-jeu volontaire (Christian Horner a juré ne lui avoir donné aucune consigne) afin de favoriser la fuite de l'Australien qui ne s'était pas encore arrêté et avait besoin de prendre pas mal d'avance pour ressortir devant Fernando Alonso et signer le doublé. Le fait que Vettel, en pneus neufs, laissa filer Webber pour ralentir encore un peu plus la Ferrari accrédite encore cette hypothèse.

Mais les commissaires sportifs ont justement sanctionné la manœuvre. Que ce soit délibéré ou pas, Vettel a fauté. En voulant sans doute aider son team, peut-être de son plein gré, il s'est flingué lui-même. Et au lieu de retrouver sa première place, il fut relégué après son "drive through" au 3e rang, bloqué par la Ferrari d'un Fernando Alonso n'en demandant pas tant. C'est l'histoire de l'arroseur arrosé.

"J'ai eu un peu de chance aujourd'hui et Sebastian beaucoup de malchance," reconnaissait aussi Mark Webber, à nouveau leader du championnat après son 4e succès de la saison. "Normalement, mon équipier était intouchable. Mais je ne vais pas me plaindre de ce cadeau du ciel. Une opportunité s'est créée et j'ai su la saisir. Dans ma position, ne pas s'arrêter était le bon choix. J'aurais dû finir 2e, mais je ne vais pas cracher sur cette victoire."

Au contraire d'un Vettel ne venant pas le féliciter et multipliant les gestes de rage. Pourtant cette fois, si l'ordre logique a été inversé, il n'y a pas eu de consigne .

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