Krupalija, de Sarajevo à Charleroi

De là où il a vu le jour voilà 24 ans, il avoue ne plus reconnaître grand-chose. "La guerre a fait des ravages, dit-il. Sarajevo n'est plus la même qu'avant que les bombes lui tombent dessus."

David Lehaire
Krupalija, de Sarajevo à Charleroi
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De là où il a vu le jour voilà 24 ans, il avoue ne plus reconnaître grand-chose. "La guerre a fait des ravages, dit-il. Sarajevo n'est plus la même qu'avant que les bombes lui tombent dessus."

C'est pour y échapper que Damir Krupalija et sa famille ont pris la fuite en 1992. "On a eu la chance que mon père connaisse du monde. Sans quoi on aurait dû rester au pays et tenter d'y survivre. Plus tard, j'ai appris que j'avais pris le dernier charter avant que le ciel de Sarajevo ne soit interdit aux charters durant quatre longues années. Des amis à moi ont tenté de quitter le pays par la suite. Mais il fallait payer des sommes astronomiques pour y parvenir."

Damir Krupalija n'est, donc, pas un produit de l'école yougoslave. Ce d'autant moins qu'il s'est mis tard à tâter la balle orange. "Ce doit être le dernier sport qui m'ait tenté." Il s'y essaiera à Prague, où sa famille s'est installée. "Nous y étions heureux et, sportivement parlant, j'étais le plus jeune de mon équipe. Je passais la plupart du temps sur le banc à regarder mes équipiers écraser leurs adversaires." C'est que le Sparta local domine toutes les catégories d'âge à l'époque.

L'adolescent n'y demeurera que trois ans. Le temps d'apprendre une nouvelle langue. Et de découvrir de nouveaux horizons. "J'ai passé un été en Belgique, chez des amis qui habitaient Wezembeek. Je me souviens que ce pays me paraissait très tranquille. Et que certaines de ses villes avaient beaucoup de charme." Quand il quitte notre royaume pour les Etats-Unis, Damir se jure d'y revenir un jour. Mais il franchit d'abord l'Atlantique pour s'installer à Rockford. Où il se découvre une réelle affinité pour le basket. "J'ai doucement commencé à croire en mon étoile. On me disait pas trop mauvais et mon collège gagnait pas mal de matches."

Trois ans plus tard, il entamera son cursus universitaire à Los Angeles. Et se verra affublé d'un surnom. "Des copains m'ont appelé Ken Clark. Parce qu'ils disaient que quand mes cheveux étaient mouillés, j'avais la même tête que le héros de Superman. Du moins avant qu'il ne se transforme en sauveur..."

Passionné de jeux vidéo, il lancera sa carrière professionnelle en Pologne. "Les gens ont une drôle d'image de ce pays. Il y fait bon vivre et le championnat est un peu comme celui que vous avez en Belgique. Seulement les déplacements en car sont toujours plus longs et s'effectuent sur des routes difficiles." Si bien que lorsque son agent, qui a joué avec Boro Vucevic à Sarajevo, lui fait part d'un intérêt de Charleroi, il acceptera vite. Et signera un contrat de deux ans.

En attendant, le Bosniaque est serein avant de recevoir la sanction infligée par l'Uleb Cup suite aux incidents à Varèse, où il fut au centre de la bagarre après être intervenu pour séparer Riddick et Meneghin.

© Les Sports 2004

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